LA JUSTICE EST LA VÉRITÉ EN ACTION. (J.Joubert)

AMERE PATRIE ,LA FRANCE NON RECONNAISSANTE


Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur. (proverbe africain)

As long as lions have not their own historians,hunting tales will keep glorifying the hunter.(African proverb)



DE NOMBREUX COMBATS SONT A MENER DANS LA SOCIETE DANS LAQUELLE NOUS VIVONS;J'AI CHOISI LE MIEN :LA BATAILLE CONTRE L'INJUSTICE.
DANS CET ORDRE D'IDEE,UN DE MES CHEVAUX DE BATAILLE EST LA SITUATION DES ANCIENS COMBATTANTS AFRICAINS TRAHIS PAR LA FRANCE.

LA FRANCE SE DOIT UN DEVOIR DE MEMOIRE AFIN QUE JUSTICE SOIT RENDUE AUX CENTAINES DE MILLIERS D'AFRICAINS MORTS POUR UN PAYS QU'ILS CROYAIENT LEUR PATRIE.
AINSI C'EST PAR CENTAINES DE MILLIERS QUE DES SOLDATS D'AFRIQUE OCCIDENTALE FRANCAISE ,D'AFRIQUE EQUATORIALE FRANCAISE ,D'AFRIQUE DU NORD FRANCAISE (MAROC,ALGERIE,TUNISIE),ONT ETE CONSCRITS DANS L'ARMEE FRANCAISE.
PLUS DE 2.5 MILLIONS SONT MORTS EN FRANCE DANS LA SOMME,A VERDUN....,A BIR HAKEIM EN LYBIE.


CE DEVOIR DE MEMOIRE SERA RETABLI QUAND LA FRANCE RECONNAITRA LA CITOYENNETE FRANCAISE IPSO FACTO AUX DERNIERS SURVIVANTS AINSI QU'AUX ENFANTS , PETITS ENFANTS ET ARRIERES PETITS ENFANTS DE CES HEROS AFRICAINS QUI ONT VERSE LEUR SANG POUR QUE LA FRANCE DEMEURE UN PAYS LIBRE.

COMBATTRE LA FALSIFICATION DE L'HISTOIRE TEL EST AUSSI L'AUTRE BUT DE MON BLOGUE.
LA VERITE SUR CES FAITS HEROIQUES DES VALEUREUX TIRAILLEURS AFRICAINS DEVRA AUSSI ETRE RELATEE DANS TOUS LES LIVRES D'HISTOIRE DE FRANCE ET DE NAVARRE.

CE BLOGUE EST DEDIE A LA MEMOIRE DE TOUS CES HEROS AFRICAINS DES DEUX PREMIERES GUERRES MONDIALES AUJOURDHUI DISPARUS ET AUX SURVIVANTS DES GUERRES ( 1939-45), D'INDOCHINE ET D'ALGERIE.

E. do REGO

LA DETTE DE SANG DE LA FRANCE

LA FRANCE ATTEND LA DISPARITION DES DERNIERS COMBATTANTS AFRICAINS POUR EFFACER DE NOS MÉMOIRES LEUR DON DE SOI POUR UNE NATION AUJOURD'HUI INGRATE.

NOUS SOMMES LÀ POUR DÉFENDRE CES CENTAINES DE MILLIERS DE TIRAILLEURS AFRICAINS ET QUOIQUE QU'IL ARRIVE,NOUS PERPÉTUERONS LEUR MEMOIRE POUR LES GÉNÉRATIONS A VENIR.

LA FRANCE DOIT PAYER SA DETTE DE SANG DUE AUX TIRAILLEURS AFRICAINS MORTS POUR ELLE .
LA MOINDRE CHOSE QUE CETTE FRANCE DITE DES DROITS DE L'HOMME SE DOIT DE FAIRE :

RECONNAITRE ET ACCORDER IPSO FACTO LA CITOYENNETÉ FRANÇAISE DE PLEIN DROIT AUX TIRAILLEURS AFRICAINS MORTS ,AUX SURVIVANTS ET AUX DESCENDANTS DE TOUS CES SOLDATS AFRICAINS QUI SE SONT LEVÉS COMME UN SEUL HOMME POUR SAUVER LA FRANCE DE LA BARBARIE EUROPÉENNE.

E. do REGO

Hommage au tirailleurs sénégalais Slam par Manu poéme de léopold Senghor

Hommage aux Tirailleurs Africains

ekodafrik.net- Hommage aux Tirailleurs Africains
Video sent by ekodafrik

Depuis un certain nombre d’années, à l’initiative de l'AMAF (Amis de l'Afrique Francophone), de l'ANEB (Association Nationale des Elus Des Banlieues) et de plusieurs autres associations, un hommage solennel est rendu aux Tirailleurs Africains morts pour la France. Ce 8 mai 2007, une cérémonie a eu lieu au Tata Sénégalais de Chasselay (69) en présence des autorités. Plusieurs gerbes ont été déposées en souvenir de ces vaillants combattants. Il est à rappeler que ces derniers combattaient encore pendant que les Allemands défilaient déjà en plein centre de Lyon puisque la ville avait été déclarée «ouverte» par le Maire Edouard HERRIOT. Tous ces combattants appartenaient à la 3ème compagnie du 25ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais. Ces vaillants soldats sont la FIERTE des Noirs de France au moment où certains ont tendance à croire qu’ils sont les seuls dépositaires de «l’identité nationale». Dans le reportage vidéo, vous pourrez voir les réactions du doyen BALDE (ancien combattant de Guinée), Sabiha AHMINE (Adjointe au Maire de Lyon), Hassan DIALLO (Conseiller du Président du Niger), Reski SEBAÏ (Lycée Al Kindi), Bacary GOUDIABY (Akody sur Radio Pluriel 91.5 fm Lyon), Azzedine GACI (président du conseil régional du culte musulman Rhône-Alpes) et le Père DELORME.

IN MEMORIAM TIRAILLEURS AFRICAINS

Loading...

LES OUBLIÉS DE LA RÉPUBLIQUE




Le 16 juin 2009

046.1241854637

Photographies Philippe Guionie, Prix Roger Pic 2008 pour son portfolio Le tirailleur et les trois fleuves. Ouvrage : Anciens combattants africains, Éd. Les Imaginayres

Paris, 17 juin 2009
- A chaque commémoration nationale (11 novembre, 8 mai, 6 juin, 15 Août), le sort miséreux des anciens combattants arabes et africains, musulmans ou chrétiens de l’armée française, laissés à leur sort, refait surface, dans une sorte de réflexe pavlovien traité périodiquement par la presse comme la marque de soulagement de la bonne conscience française d’une mauvaise conscience chronique. «Les oubliés de la République» ne le sont pas vraiment. Ils sont volontairement maintenus en l’état, volontairement maintenus dans l’oubli de leur condition malgré l’émotion soulevée par le film «Indigènes» en 2006 dans la foulée des émeutes des banlieues françaises, malgré la surprise feinte de la classe politico médiatique face à cet aspect hideux de la bureaucratie française.
Au delà des indignations de circonstance, il traduit la permanence d’une posture proto fasciste inhérente à tout un pan de la société française.

La France qui se refuse aux statistiques ethniques comme contraires aux principes fondateurs de la République française (Egalité et Fraternité), est, en fait, un ferme partisan de cette pratique discriminatoire dans la rétribution de ses anciens combattants d’origine non française, et, même au-delà, dans la mobilité sociale des diverses composantes de la société française.

Pour mémoire, le bilan des pertes indigènes pour les deux grandes guerres mondiales du XX e siècle, s’est élevé, rien que pour les tués, à 113.000 morts, soit autant que la population conjuguée des villes de Vitrolles et d’Orange, les deux anciens fiefs du Front National. Il n’était pas alors question de «seuil de tolérance», encore moins de test ADN, ni de charters de la honte, mais de sang à verser à profusion, comme en témoigne le tableau suivant:

1-La contribution globale des colonies à l’effort de guerre français

La contribution globale de colonies à l’effort de guerre français pour la 1ère Guerre Mondiale (1914-1918) s’est élevée à 555.491 soldats, dont 78.116 ont été tués et 183.903 affectés à l’arrière à l’effort de guerre économique en vue de compenser l’enrôlement de soldats français sur le front (1). L’Algérie, à elle seule, a fourni 173.000 combattants musulmans, dont 23.000 ont été tués, et 76.000 travailleurs ont participé à l’effort de guerre, en remplacement des soldats français partis au front. La contribution totale des trois pays du Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc) s’est élevée à 256.778 soldats, 26.543 tués et 129.368 travailleurs. L’Afrique noire (Afrique occidentale et Afrique équatoriale) a, pour sa part, offert 164.000 combattants dont 33.320 tués, l’Indochine 43.430combattants et 1.123 tués), L’Ile de la Réunion 14.423 combattants et 3.OOO tués, Guyanne-Antilles (23.OOO combattants, 2037 Tués).

Pour la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945): La première armée d’Afrique qui débarqua en Provence (sud de la France), le 15 août 1944, avait permis d'ouvrir un deuxième front en France après le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie. Cette armée de 400.000 hommes, comptait 173 000 arabes et africains dans ses rangs. De juin 1940 à mai 1945, cinquante cinq (55 000) Algériens, Marocains, Tunisiens et combattants d'Afrique noire furent tués. 25 000 d'entre eux servaient dans les rangs de l'armée d'Afrique.
Durant la campagne d’Italie, marquée par la célèbre bataille de Monte Cassino, qui fit sauter le verrou vers Rome, et, à ce titre, célébrer comme la grande victoire française de la II me guerre mondiale, sur les 6.255 soldats français tués, 4.000, soit les deux étaient originaires du Maghreb et parmi les 23.5000 blessés, 15.600, soit le tiers étaient du Maghreb. Ahmad Ben Bella, un des futurs chef de file de la guerre d’indépendance algérienne et premier président de l’Algérie indépendante figurait parmi les blessés de la bataille de Monte Cassino. Il en est de même de la campagne d’Allemagne, sur les 9.237 tués, 3.620 étaient des enrôlés du Maghreb, et sur les 34.714 blessés, 16.531 étaient Maghrébins.

2- «Les oubliés de la République», la permanence d’une posture raciste.

Le maintien d’une pratique discriminatoire dans la rétribution des anciens combattants d’origine non française traduit le mépris de la France à l’égard de ses anciens servants, et pis, à l’égard de ses propres principes. Elle porte la marque d’un racisme institutionnel subliminal dans le droit fil des notations des travailleurs coloniaux de l’entre deux guerres (1919-1939). A l’instar d’une cotation boursière sur un marché de bétail, ceux-ci les étaient déjà à l’époque crédités de points, avec les responsabilités et rétributions y afférentes, en fonction de leur nationalité et de leur race avec de subtiles distinctions selon leur lieu de provenance. Ainsi le Chinois se situait au bas de la hiérarchie, sa production évaluée à 6 sur une échelle où le Marocain était placé à 8, l’Algérien (arabe), le Kabyle et le Grec à 10, l’Italien et l’ Espagnol à 12, alors que le Français se trouvait dans tous les classements naturellement au sommet de la hiérarchie avec une note inégalable de 20 sur 20. Score jamais enregistré par aucune autre nationalité, sous aucun autre ciel, dans aucune autre compétition (2).

La France a décidé de geler le montant des retraites des combattants étrangers en raison du poids financier que cette charge représentait pour le budget français, habillant cette mesure économique de considérations morales: geler le niveau de la retraite à la date de l’indépendance de leur pays respectif pour marquer la scission d’avec la métropole. Ce geste symbolique de rupture occulte le fait que les anciens combattants avaient servi leur colonisateur et non leur pays d’origine.

Argument fallacieux s’il en est, il ne résiste pas à l’analyse pas plus que l’argument de rechange qui relevait, lui aussi, de la pure casuistique: Le gel de pensions à leur niveau de l‘accession à l’indépendance du pays concerné évitait que les retraités indigènes ne disposent de revenus plus importants que leurs compatriotes non combattants de leur pays d’origine, afin de prévenir toute déstabilisation de leur environnement local. Une sorte de nivellement par le bas enrobé du pompeux mot de «cristallisation», par analogie au phénomène chimique.

Les circonvolutions juridiques ne changeront rien à la réalité des choses, et, au-delà des considérations économiques, la décision française induit implicitement un jugement moral sur la valeur respective du sang français et du sang indigène sur la bourse des valeurs entre des frères d’armes qui encourrait pourtant à l’époque le même péril dans un même combat. Comment justifier, sinon, cette discrimination dans le traitement d’un ancien combattant français qui perçoit 600 euro par mois d’indemnités, d’un sénégalais 100 euro par mois ou, pis, d’un marocain qui a droit à 60 euro par mois, soit dix fois moins que le français, sous réserve d’une obligation de résidence de neuf mois par France par an.

N’en déplaise à personne, la disparité des retraites constitue sans contestation possible une forme insidieuse de la diversité à la française ancrée durablement dans la conscience nationale et que le président Nicolas Sarkozy se propose de réactualiser comme antidote au principe fondateur de la République française, le principe d’égalité. La pension de retraite des anciens combattants indigènes apparaît ainsi comme un salaire ethnique, inique et cynique. Une discrimination injustifiable tant au niveau du droit que de la morale, en ce qu’elle aboutit à pénaliser des étrangers pour leur suppléance de la défaillance des Français dans la défense de leur propre territoire national. Une double peine en somme en guise de gratitude.

Son maintien, en dépit des critiques, signe la permanence de la filiation gobino-darwiniste du corpus juridique français matérialisée par la codification du Code Noir de l’esclavage (pour le continent noir) et le Code de l’Indigénat (pour les musulmans d’Algérie), au XVIIIe et XIXe siècle.
Une filiation confirmée au XXe siècle par la mise en œuvre d’une théorie raciale des valeurs avec la notation des travailleurs coloniaux selon un critère ethnique, la mise sur pied des »zoos humains» de même que d’un «bureau des affaires nord africaines» dans l’entre deux guerre (1919-1939), précurseur du «Commissariat aux affaires juives» et de l’imposition de «l’étoile jaune» sous le régime de Vichy (1940-1944). Une filiation réitérée, enfin, au XXIe siècle, par la discrimination salariale des anciens combattants basanés et le test ADN pour le regroupement familial des travailleurs expatriés de l’ère sarkozy.

Cette approche raciale est en contradiction avec la contribution des peuples basanés à la liberté de la France et à sa reconstruction, en contradiction aussi avec les principes universalistes que la «Patrie des Droits de l’Homme» ambitionne de véhiculer à travers le monde, une théorie qui dessert enfin la France et son obère son discours humaniste.

3- Du rôle positif des colonisés par rapport à leur colonisateur

La France, pour douloureux que soit ce constat pour notre amour propre national, a été le seul grand pays européen à l’articulation majeure des deux grands fléaux de l’Occident de l’époque contemporaine, «les penchants criminels de l’Europe démocratique» (4), la traite négrière et l’extermination des Juifs, contrairement à la Grande Bretagne qui a pratiqué la traite négrière exclusivement, sans aucunement participé à l’extermination des Juifs, contrairement même à l’Allemagne qui a conçu et réalisé, elle, la solution finale de la question juive, mais sans participation significative à la traité négrière.

Elle se distingue aussi des autres grands pays occidentaux non seulement dans le traitement réservé à ses anciens combattants indigènes, mais aussi dans sa dette morale à leur égard. Jamais pays au monde n’a été autant que la France redevable de sa liberté aux colonies, jamais pays au monde n’a pourtant autant que la France réprimé ses libérateurs souvent de manière compulsive.

Là réside le paradoxe de la France: Par deux fois en un même siècle, phénomène rarissime dans l’histoire, ces soldats de l’avant, les avant-gardes de la mort et de la victoire auront été embrigadés dans des conflits qui leur étaient, étymologiquement, totalement étrangers, dans une « querelle de blancs », avant d’être rejetés, dans une sorte de catharsis, dans les ténèbres de l’infériorité, renvoyés à leur condition subalterne, sérieusement réprimés aussitôt leur devoir accompli, comme ce fut le cas d’une manière suffisamment répétitive pour ne pas être un hasard, à Sétif (Algérie), en 1945, cruellement le jour de la victoire alliée de la seconde Guerre Mondiale, au camp de Thiaroye (Sénégal) en 1946, et, à Madagascar, en 1947, enfin, au Cameroun, sans doute à titre de rétribution pour leur concours à l’effort de guerre français.

En Grande Bretagne, contrairement à la France, la contribution ultramarine à l’effort de guerre anglais a été de nature paritaire, le groupe des pays anglo-saxons relevant de la population Wasp (White Anglo Saxon Protestant), -Canada, Australie, Nouvelle Zélande-, a fourni des effectifs sensiblement égaux aux peuples basanés de l’empire britannique (indiens, pakistanais etc.). Il s’en est suivi la proclamation de l’Indépendance de l’Inde et du Pakistan en 1948, au sortir de la guerre, contrairement, là aussi, à la France qui s’engagera dans dix ans de ruineuses guerres coloniales (Indochine, Algérie).

Autre paradoxe, leur stigmatisation par le terme «Bougnoule» (5), terme pourtant qui tire ainsi son origine de l’expression argotique de cette supplique ante mortem. Par un dévoiement de la pensée sans doute unique au monde, la revendication ultime préludant au sacrifice suprême -«Aboul Gnoul, apporte l’alcool»- le breuvage galvaniseur de l’assaut des lignes ennemies, finira par constituer la marque d’une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs.

Dans les ouvrages français, le calvaire de leur dépersonnalisation et leur combat pour la restauration de leur identité et de leur dignité se résumeront à cette définition laconique: «Le bougnoule, nom masculin apparu en 1890, signifie noir en langue Wolof (dialecte du Sénégal). Donné familièrement par des blancs du Sénégal aux noirs autochtones, ce nom deviendra au XX me siècle une appellation injurieuse donnée par les Européens d’Afrique du Nord aux Nord-Africains. Synonyme de bicot et de raton». Un glissement sémantique du terme bougnoule s’opérera au fil du temps pour englober, bien au delà de l’Afrique du Nord, l’ensemble de la France, tous les «mélanodermes», arabo-berbères et négro-africains, pour finir par s’ancrer dans le tréfonds de la conscience comme la marque indélébile d’un dédain absolu, alors que parallèlement, par extension du terme raton qui lui est synonyme, le langage courant désignait par «ratonnade» une technique de répression policière sanctionnant le délit de faciès.

Bougnoule finira par confondre dans la même infamie tous les métèques de l’Empire, piétaille de la République, promus au rang de défenseurs occasionnels de la Patrie, qui étaient en fait les défenseurs essentiels d’une patrie qui s’est toujours voulue distincte dans le concert des nations, qui se distinguera parfois d’une façon hideuse, traînant tel un boulet, Vichy, l’Algérie, la collaboration, la délation, la déportation et la torture, les pages honteuses de son histoire, peinant des décennies durant à expurger son passé, et, pour avoir tardé à purger son passif, en paiera le prix en termes de magistère moral.......

Un pays qui ignore son histoire a tendance à la répétition et les opérations de récupération paraissent inopérantes pour la pédagogie nationale. Il en va du salaire ethnique des anciens combattants «basanés» comme de l’exaltation du martyr du jeune résistant communiste Guy Môquet (6) qui demeurera, lui aussi sans portée thérapeutique aussi longtemps que ne seront dénoncés, ses bourreaux, ceux qui ont inscrit son nom sur la liste des suspects comme ceux qui l‘ont livré aux Allemands, c'est-à-dire la police française et le ministre de l’intérieur de l’époque, le lointain prédécesseur de Nicolas Sarkozy auteur de cette mystification mémorielle. ...

De la même manière que les marronniers sur les oubliés de la République continueront de relever d’un pur exercice de style aussi longtemps que le silence sera maintenue sur la rémunération ethnique comme la face hideuse du racisme institutionnel français.

Références

1- Cf.: «L’Empire dans la guerre» publication du service historique de l’armée, dont le document mentionne le critère religieux des soldats originaires d’Afrique. Ce document est publié en annexe du livre «Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français», René Naba/ Harmattan 2002

2- «Une théorie raciale des valeurs? Démobilisation des travailleurs immigrés et mobilisation des stéréotypes en France à la fin de la grande guerre» par Mary Lewis, enseignante à la New York University, in «L’invention des populations», ouvrage collectif sous la direction d’Hervé Le Bras (Editions Odile Jacob).

3- «La France dans toutes ses déclinaisons, A propos du rôle positif de la colonisation: Déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française» Cf. :«De notre envoyé spécial, un correspondant sur le théâtre du monde» René Naba Harmattan Mai 2009

4- «Les penchants criminels de l’Europe démocratique»- Jean Claude Milner - Editions Verdier 2003

5- A propos du terme Bougnoule, ses origines, sa définition et sa portée symbolique: http://latelevisionpaysanne.fr/video.php?lirevideo=109#109

Et dans sa version mixée en reggae : http://www.jamendo.com/us/album/972/

6- «Cf.: «Comment Nicolas Sarkozy écrit l’Histoire de France» de l’affaire Dreyfus à Jean Jaurès à Guy Môquet, au plateau de Glières. Par Laurence de Cock, Fanny Madeleine, Nicolas Offenstadt et Sophie Wahnic- Editions Agone 2008.



René Naba : Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information, est l’auteur notamment des ouvrages suivants : —« Liban: chroniques d’un pays en sursis » (Éditions du Cygne); « Aux origines de la tragédie arabe"- Editions Bachari 2006.; "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français"- Harmattan 2002. « Rafic Hariri, un homme d’affaires, premier ministre » (Harmattan 2000); « Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen » (Harmattan 1998).






INVITEZ VOS AMIS A JOINDRE LE GROUPE TIRAILLEURS AFRICAINS SUR FACEBOOK;
http://www.facebook.com/group.php?gid=43565411931

Wikio

TIRAILLEURS AFRICAINS EN IMAGES

AMERE PATRIE

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur. (proverbe africain)



DE NOMBREUX COMBATS SONT A MENER DANS LA SOCIETE DANS LAQUELLE NOUS VIVONS;J'AI CHOISI LE MIEN :LA BATAILLE CONTRE L'INJUSTICE.
DANS CET ORDRE D'IDEE,UN DE MES CHEVAUX DE BATAILLE EST LA SITUATION DES ANCIENS COMBATTANTS AFRICAINS TRAHIS PAR LA FRANCE.

LA FRANCE SE DOIT UN DEVOIR DE MEMOIRE AFIN QUE JUSTICE SOIT RENDUE AUX MILLIONS D'AFRICAINS MORTS POUR UN PAYS QU'ILS CROYAIENT LEUR PATRIE.
AINSI PLUS DE 5 .5MILLIONS D'AFRICAINS DE L'AFRIQUE OCCIDENTALE FRANCAISE ,DE L'AFRIQUE EQUATORIALE FRANCAISE ,L'AFRIQUE DU NORD FRANCAISE (MAROC,ALGERIE,TUNISIE),ONT ETE CONSCRITS DANS L'ARMEE FRANCAISE.
PLUS DE 2.5 MILLIONS SONT MORTS EN FRANCE DANS LA SOMME,A VERDUN....,A BIR HAKEIM EN LYBIE.


CE DEVOIR DE MEMOIRE SERA RETABLI QUAND LA FRANCE RECONNAITRA LA CITOYENNETE FRANCAISE IPSO FACTO AUX DERNIERS SURVIVANTS AINSI QU'AUX ENFANTS , PETITS ENFANTS ET ARRIERES PETITS ENFANTS DE CES HEROS AFRICAINS QUI ONT VERSE LEUR SANG POUR QUE LA FRANCE DEMEURE UN PAYS LIBRE.

COMBATTRE LA FALSIFICATION DE L'HISTOIRE TEL EST AUSSI L'AUTRE BUT DE MON BLOGUE.
LA VERITE SUR CES FAITS HEROIQUES DES VALEUREUX TIRAILLEURS AFRICAINS DEVRA AUSSI ETRE RELATEE DANS TOUS LES LIVRES D'HISTOIRE DE FRANCE ET DE NAVARRE.

CE BLOGUE EST DEDIE A LA MEMOIRE DE TOUS CES HEROS AFRICAINS DES DEUX PREMIERES GUERRES MONDIALES AUJOURDHUI DISPARUS ET AUX SURVIVANTS DES GUERRES ( 1939-45), D'INDOCHINE ET D'ALGERIE.

E. do REGO

LA FRANCE ET SES NOIRS DEPUIS L'ESCLAVAGE

Le 10 mai 2006, la France commémore pour la première fois de
son histoire, l'abolition de l'esclavage.

Ce documentaire, tourné en
France métropolitaine, aux Antilles et au Sénégal, soulève la "question
noire" qui se pose aujourd'hui.

Voir la video en cliquant sur le lien ci-dessous:

http://video.kemmiou.com/index.php?welches=view&ref=catSearch&addRef=1&wID=383&PHPSESSID=088e40ad402eea846ece816aebc6b853

NOIRS - L'IDENTITE AU COEUR DE LA QUESTION NOIRE EN FRANCE

NOIRS - L'IDENTITE AU COEUR DE LA QUESTION NOIRE

Durée : env. 50mn

Le 10 mai 2006, la France commémore pour la première fois de son histoire, l'abolition de l'esclavage. Ce documentaire, tourné en France métropolitaine, aux Antilles et au Sénégal, soulève la "question noire" qui se pose aujourd'hui. Il s'agit d'un sujet brûlant et parfois confus découlant souvent d'une méconnaissance de l'histoire de l'esclavage et de la décolonisation entretenue dans le pays. Quels sont les effets de la traite négrière et de la colonisation dans la représentation des Noirs au sein de la société française actuelle ? Existe-t-il une histoire commune à tous les Noirs ? En quoi le travail de mémoire est-il indispensable ? Quel lien peut-il exister entre un Antillais et un descendant de tirailleur sénégalais qui se retrouvent autour de revendications semblables ? Quelle est la condition noire et où en est l'intégration de cette minorité ethnique en France ? S'appuyant sur de nombreux témoignages parmi lesquels ceux de Christiane Taubira, Disiz La Peste ou Aimé Césaire, ce film tente de répondre à ces questions. Mené sous la forme d'une enquête et ponctué d'images d'archives, il retrace aussi les différentes périodes historiques qui ont lié la France à la communauté noire.

1ère partie: http://www.dailymotion.com/visited/wanzea/video/xuc1p_noirs-1ere-partie

http://wanzea.free.fr/

Thursday, June 12, 2014

6 JUIN 1944 D-DAY : l’Afrique débarquée !


François Hollande et le peuple français saluent la mémoire de tous ceux qui ont contribué au débarquement du 6 juin sur les côtes normandes. L'Afrique n'est pas conviée. Pourtant, sa contribution a été importante. Une énième ingratitude pour cet éditorialiste guinéen.

Le 6 juin 2014, au Château de Benouville, à l'occasion de la commémoration du 6 juin 1944 -AFP/Saul LoebLe 6 juin 2014, au Château de Benouville, à l'occasion de la commémoration du 6 juin 1944 -AFP/Saul Loeb
Pas de représentants de l’UA [Union africaine], de chefs d’Etat ou d’anciens combattants en provenance de l’Afrique. En soi, c’est là une négation du sacrifice que les Africains ont consenti aux Alliés pour que le débarquement et, plus globalement, la victoire soit possible. Mais ils n’en sont pas à leur première !

Naturellement, si l’on considère uniquement ce qui s’est passé à la date du 6 juin, on pourrait ne pas voir l’éminent rôle qui a été celui de l’Afrique et des Africains dans la victoire des forces alliées. Si l’on se met dans cette perspective des plus étroites, on comprendrait que Barack Obama, la Reine Elisabeth II ou encore Stephen Harper soient aux premières loges. De ce point de vue, on comprendrait même que les ennemis d’hier que sont notamment l’Allemagne, la Pologne, l’Italie, etc. soient également conviés. De ce point de vue donc, même la venue du turbulent Vladimir Poutine ne saurait surprendre. Et c’est décidément ainsi que les organisateurs de la cérémonie d’aujourd’hui perçoivent les choses.



Aucun tirailleur 



Autrement, l’Afrique aurait au moins été représentée parmi les 800 vétérans étrangers attendus. Malheureusement, aucun tirailleur ne sera du rendez-vous. Ils ont été oubliés. Comme ils l’ont toujours été, du reste. De la part de la France et du monde, c’est une ingratitude flagrante à l’égard du continent africain. Parce qu’en effet, s’il est vrai que les Africains n’ont peut-être pas fait partie des troupes qui ont débarqué en Normandie, ils étaient là durant tout le processus qui a précédé ce jour historique.



L’Afrique était notamment là, servant d’assise territoriale et de cadre de repositionnement pour les forces alliées. Si elles n’avaient pas eu l’Afrique comme base arrière, les puissances alliées auraient certainement souffert de l’occupation du canal de Suez par l’Italie ou par celle des territoires asiatiques par les Japonais.



249 000 Africains mobilisés 



Or, l’implication du continent berceau de l’humanité ne s’était point limitée à l’utilisation de ses ports et aéroports. Elle a également contribué à l’effort de guerre en y envoyant ses braves fils et en donnant de ses immenses richesses. A propos, des historiens estiment qu’entre 1940 et 1944, ce sont quelque 169 000 combattants qui furent mobilisés dans l’Ouest africain britannique. Pour ce qui est des colonies françaises, les mêmes auteurs estiment à 80 000 le nombre de combattants mobilisés dans le cadre des campagnes de “la France libre”. Une bonne partie n’est jamais revenue du front. L’Afrique fut également sollicitée pour participer aux dépenses militaires.



L’ombre du discours de Dakar 



Comme on le voit donc, contrairement à ce qui est incarné dans la cérémonie de ce jour en Normandie, la contribution africaine à la victoire contre l’Allemagne nazie n’est pas des moindres. L’Afrique a offert son sol comme champ de bataille, ses fils comme combattants et ses avoirs comme contributions financières. Mais 70 ans après, on fait comme si elle n’avait rien fait. C’est à croire que l’objectif est de falsifier l’Histoire, en gommant la partition que les Africains y ont jouée.



Décidément, [l’ancien président français] Nicolas Sarkozy n’est peut-être pas le seul à penser que ''l’Afrique n’est pas assez entrée dans l’histoire'' ! En vérité, certains maîtres à penser tiennent toujours à la ''débarquer'' de l’Histoire. Mais, ça, c’est une autre histoire…

Monday, June 09, 2014

Diffuser l'histoire des tirailleurs dans les banlieues françaises



INVITEZ VOS AMIS A JOINDRE LE GROUPE TIRAILLEURS AFRICAINS SUR FACEBOOK;https://www.facebook.com/groups/tirailleursafricains/

Sunday, June 08, 2014

France : la face noire de la Seconde Guerre mondiale





27/02/2012 à 17:35
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Julien Fargettas a travaillé pendant 10 ans pour reconstituer le quotidien des tirailleurs.Julien Fargettas a travaillé pendant 10 ans pour reconstituer le quotidien des tirailleurs. © Collection Eric Dero
Grâce à un remarquable travail de recherche, l'historien Julien Fargettas retrace le quotidien des troupes coloniales engagées pendant la Seconde Guerre mondiale. Il lève ainsi le voile sur un aspect peu connu de la vie des soldats recrutés essentiellement en Afrique francophone. Passionnant.
« C'est nous les Africains / Qui revenons de loin / Nous venons des colonies / Pour sauver la Patrie. » Le Chant des Africains, entonné par les troupes coloniales d'Afrique subsaharienne lors de la Seconde Guerre mondiale, est entré dans la culture populaire sur le continent et dans l'Hexagone. Aujourd'hui, plus personne ne conteste l'apport considérable des troupes coloniales lors du conflit de 1939-1945, et l'État français leur a rendu hommage à plusieurs reprises. Mais que sait-on vraiment du quotidien des tirailleurs sénégalais, improprement qualifiés ainsi alors qu'ils étaient en fait recrutés sur l'ensemble du territoire de l'empire colonial ? Comment étaient-ils perçus et représentés par leurs compagnons de combat français et par leurs ennemis allemands ? Que mangeaient-ils, comment s'habillaient-ils, comment se battaient-ils et quelles étaient leurs conditions de captivité ?
Les Tirailleurs sénégalais. les soldats noirs entre légende et réalité, 1939-1945, de Julien Fargettas, Tallandier, 384 pages, 21,90 euros.
Dans Les Tirailleurs sénégalais, Julien Fargettas (37 ans) entreprend de nous plonger dans le quotidien de la « force noire ». Grâce à un remarquable travail de recherche dans les archives, qui lui a permis d'exhumer correspondances, témoignages, rapports militaires officiels, il lève le voile sur un aspect de la guerre peu étudié dans les manuels d'histoire : la vie au jour le jour de ces soldats méconnus. « Tous ces aspects peuvent paraître anecdotiques. Ils font néanmoins partie intégrante de l'histoire des tirailleurs sénégalais de la Seconde Guerre mondiale, au moins autant que leurs faits d'armes. Cette histoire est comme nos mémoires, pleine de trous, de non-dits, de zones d'ombre et de surprises », explique-t-il. Plutôt que d'écrire sur la grande Histoire, les enjeux politiques ou le destin des officiers envoyés au front, le jeune historien a fait le choix original de replacer le soldat africain dans le contexte particulier de la guerre et de voir le monde à travers lui. Pour cela, il a travaillé pendant près de dix ans, a sillonné le Sénégal, le Niger, la Mauritanie et le Burkina, pour recueillir des témoignages et livrer une vision prosaïque et pourtant profonde du destin de ces hommes.
Tirailleurs appartenant à une unité de la France libre lors de la campagne de Syrie contre les forces vichystes en 1941
© Collection Eric Dero
Manger, s'habiller, se divertir

Julien Fargettas l'explique d'emblée : la « force noire » sert le drapeau bleu-blanc-rouge différemment de ses frères d'armes européens ou même maghrébins. Ces soldats-sujets, et non citoyens, portent par exemple un vêtement particulier constitué d'un pantalon-culotte et de la fameuse chéchia rouge, rendue célèbre par la publicité Banania. Au début du conflit, les soldats noirs voient dans cette tenue un motif de fierté. « À la fin de la guerre, ils assimilent chéchia et ceinture écarlate à des signes d'infériorité et veulent être habillés comme les autres. À travers le vêtement, on voit émerger une volonté d'égalité. » L'alimentation est aussi un sujet central. Les tirailleurs sont nourris convenablement ou, en tout cas, mieux que dans leurs villages d'origine. Les difficultés d'approvisionnement ou les baisses de ration sont à l'origine de terribles soulèvements dans les troupes. Le manuel à l'usage des officiers appelés à commander les indigènes insiste sur ce point et recommande par exemple la distribution de noix de kola, à laquelle de nombreuses sociétés traditionnelles reconnaissent des pouvoirs quasi magiques. Soucieuse du bon moral de ses troupes, l'autorité militaire organise des fêtes, avec danses et chants traditionnels. « Le commandement mêlait à la fois bienveillance, paternalisme et une certaine méfiance à l'égard des colonisés », ajoute Julien Fargettas.
Un grand capital sympathie
On a coutume de parler du racisme ou des brimades dont les tirailleurs sont l'objet, mais l'on évoque moins le capital sympathie dont ils jouissent auprès de la population. « J'ai été très aidé dans mon travail par de petits élus, des fonctionnaires ou des retraités qui m'ont fourni des témoignages ou des procès-verbaux d'inhumation. Ils ont exprimé une grande reconnaissance à l'égard des anciens combattants africains », raconte l'historien. L'auteur rappelle que la guerre a aussi donné lieu à de belles rencontres : d'émouvantes photographies reproduites dans le livre témoignent d'histoires d'amour et d'amitié entre Français et Africains. Pendant leur captivité dans la France occupée, les tirailleurs reçoivent des colis, et ceux qui sont contraints au travail forcé sont soutenus par des familles françaises qui leur apprennent à lire et à écrire. Après le massacre de centaines d'entre eux par les Allemands dans le nord-ouest de Lyon, Jean Marchiani, un combattant français de la Première Guerre mondiale alors haut fonctionnaire, fait rechercher tous les corps et achète avec ses propres deniers un terrain sur lequel il érige un cimetière inspiré des traditions architecturales du Soudan français.
La « honte noire »
Objets d'une propagande raciste et violente de la part des Allemands, les tirailleurs ont surtout été victimes de massacres et d'exactions et ont fait l'objet de terribles expériences scientifiques. Mais peu d'enquêtes ont été menées sur cette question. Que sait-on exactement de ce fameux hôpital Saint-Médard où des médecins allemands auraient pratiqué des recherches sur la tuberculose ? L'historien rouvre un chapitre très sombre et méconnu de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il évoque aussi, sans craindre de heurter le politiquement correct, les exactions commises par les troupes noires elles-mêmes, armées de coupe-coupe et arborant parfois des colliers en oreilles humaines.
Une image qui évolue. En 1945, il est encore souvent représenté avec la fameuse chéchia rouge et des scarifications au visage, comme dans le numéro de novembre de L'armée française au combat. Un an plus tard paraît Boubou soldat, un ouvrage destiné à la jeunesse. Il représente un tirailleur nouveau, habillé à l'américaine et conduisant une jeep.
Les relations avec l'Afrique du Nord
Dans les années 1944-1945, des régiments de tirailleurs sénégalais sont postés en Tunisie et au Maroc, où ils sont accueillis très froidement par les populations locales. En novembre 1945, des troubles éclatent à Tunis, où des tirailleurs sont violemment attaqués. Un officier français note que les Sénégalais sont l'objet de « brimades continuelles ». Outre un certain racisme culturel et les réminiscences du trafic d'esclaves pratiqué en Afrique du Nord jusqu'en 1906, l'attitude des Maghrébins à l'égard des troupes noires s'explique surtout par l'ambiguïté du rôle qu'elles sont amenées à jouer. Destinées à servir en Europe, où elles doivent participer à la libération, ces troupes sont aussi un relais du pouvoir colonial. En 1944, ce sont eux qui écrasent les mouvements nationalistes de Fès. En 1945, ils combattent l'insurrection du Constantinois. Leur participation à la guerre d'Algérie a laissé des traces vivaces parmi les Algériens, qui les accusent de multiples exactions, et en particulier de viols de masse.
Les Africains et la Résistance
Julien Fargettas rappelle que les Africains ne se sont pas contentés de lutter sur le front mais ont aussi été, pour certains, des figures de la Résistance. L'un des premiers maquis constitués dans la France occupée le fut par un ancien tirailleur originaire de Guinée, Addi Ba. Fait prisonnier par les Allemands, il s'échappa et créa un maquis dans les Vosges. « En rencontrant d'anciens résistants, je me suis rendu compte qu'ils avaient très peu de souvenirs personnels de ces Africains qui les ont soutenus et qui apparaissaient même à leurs côtés sur des photos de l'époque », s'étonne l'historien.
L'ambiguïté du retour
Pendant le conflit, les soldats essaient de maintenir des relations avec leurs pays d'origine. Une importante correspondance atteste de l'attachement des soldats à leurs familles. Mais les lettres n'arrivent pas souvent. En cause, les mauvaises liaisons aériennes et maritimes, mais aussi les adresses illisibles en raison de l'analphabétisme de ces combattants. La Gazette du tirailleur va même publier un modèle d'enveloppe fournissant toutes les indications pour que les courriers arrivent à destination. Le retour de ces soldats en Afrique est douloureux. « Déraciné », parfois absent de son pays depuis plus de dix ans, le tirailleur doit se réintégrer à la vie civile et abandonner un « standing de vie qu'il ne retrouvera pas toujours dans son village. Il a pris des habitudes vestimentaires, alimentaires. [...] Il a voyagé, vu d'autres civilisations, et ses conceptions traditionnelles en sont bouleversées. »
Julien Fargettas s'étonne aujourd'hui encore qu'aucun « héros » ou grande figure n'ait émergé de cette guerre où les tirailleurs sénégalais ont pourtant souvent fait preuve de bravoure. « La mémoire française les a en partie occultés et, de leur côté, explique-t-il, les anciens combattants ont peu parlé et fait preuve d'une modestie et d'une humilité qui ne leur a pas permis de prendre leur juste place dans les livres d'histoire. »


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Histoire | France : la face noire de la Seconde Guerre mondiale | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
Follow us: @jeune_afrique on Twitter | jeuneafrique1 on Facebook

Saturday, June 07, 2014

Les Afro-Américains, antihéros de la Libération




mediaDes soldats américains prennent leur repas près d'un camion de ravitaillement en France peu après le débarquement des troupes US.AFP
    Environ 2 000 soldats noirs ont participé au débarquement du 6 juin 1944. Victimes de la ségrégation instituée au sein de l’armée américaine, cantonnés aux tâches subalternes, parfois boucs émissaires, ils sont les laissés-pour-compte de l’épopée des GI’s.
    • Les oubliés de l’Histoire
    On ne les voit pas dans les films consacrés au jour J : Le Jour le plus long ou Il faut sauver le soldat Ryan. Pourtant, quelque 2 000 soldats noirs ont débarqué en Normandie le 6 juin 1944. C’est le cas du 320e bataillon de ballons de barrage anti-aérien, une unité exclusivement composée d’Afro-Américains. Son rôle était de lâcher des ballons gonflables au-dessus des plages du débarquement pour protéger les soldats des attaques d’avions ennemis. Comme l’explique un article de France 24 consacré à cette histoire méconnue, ces ballons gonflés à l’hydrogène étaient équipés de détonateurs qui les faisaient exploser en cas de contact.
    • Victimes de la ségrégation
    A défaut d’être intégrés dans les unités combattantes, bannis du corps des Marines et de l’armée de l’Air, les Noirs sont cantonnés dans les cuisines ou à l’intendance. Ce sont eux qui ravitaillent les combattants en nourriture et en munitions. « C’est vraiment intéressant de se dire qu’on n’est pas même pas jugé assez bon pour mourir pour son pays », observe, amère, l’historienne américaine Yvonne Latty dans un article du Miami Herald. Et dans ces tâches subalternes, les humiliations sont régulières. « On leur apportait de la nourriture, des munitions, de l’essence, de l’eau et tout un tas de choses. Et après ça, ils ne voulaient pas nous nourrir », rapporte encore un vétéran. Dans les colonnes du journal Ouest-France, un autre raconte ces armes de piètre qualité qui leur étaient fournies - quand on leur en donnait.
    Jusqu’en 1948, l’armée américaine est ségrégationniste, comme l’est encore une large partie du territoire américain. Dans les bus, les soldats noirs ne peuvent s’asseoir qu’au fond. Les régiments, les mess, même les poches de sang, sont séparés. « Ainsi, l'armée américaine, qui agissait au nom de valeurs universelles et qui a libéré l'Europe, gardait aussi certaines pratiques dont les Etats-Unis n'allaient se débarrasser que beaucoup plus tard », écrit Laurent Joffrin sur le site du Nouvel Observateur.
    • Viols : des coupables idéaux
    Les cas de viols dont se sont rendus coupables les soldats américains après le débarquement sont l’un des points noirs de la Libération. D’après l’historienne américaine Mary Louise Roberts, auteur de What Soldiers Do, sur la sexualité des GI’s pendant le débarquement, cette opération a été vendue aux combattants comme une formidable opportunité sexuelle. Une façon de motiver les troupes. Dans l’imaginaire collectif de l’époque aux Etats-Unis, la France est le pays du sexe libre et les Françaises des femmes faciles.
    Selon l’historien J. Robbert Lilly, il y aurait eu 3 500 viols commis par des GI’s en France entre juin 1944 et la fin de la guerre. Pour la seule année 1944, 49 soldats américains ont été condamnés pour viols ; 21 ont été pendus. La grande majorité de ces condamnations ont frappé des soldats noirs alors qu’ils ne représentaient que 10% des effectifs. Mary Louise Roberts parle de « boucs émissaires ». « Quand un Noir était pris, la sentence était automatique : la pendaison. Pour les Blancs, c’était différent », raconte encore le vétéran américain interrogé par Ouest-France.
    • Les relations avec la population normande
    Mary Louise Roberts décrit des Normands bourrés de préjugés à l’égard des Noirs, considérés comme des « sauvages hypersexués ». Elle fait état d’une « hystérie presque apocalyptique » à leur égard, qu’illustrent les rapports de police. Une analyse qui étonne cependant une autre chercheuse, Alice Mills, maître de conférences à l’Université de Caen. Les nombreux témoignages qu’elle a recueillis auprès de la population normande tendraient au contraire à laisser penser que celle-ci avait plutôt une bonne opinion d’eux

    Capitaine Charles Ntchorere face aux Nazis



    INVITEZ VOS AMIS A JOINDRE LE GROUPE TIRAILLEURS AFRICAINS SUR FACEBOOK;http://www.facebook.com/group.php?gid=43565411931Wikio

    Et si la xénophobie actuelle en France tenait sa source du mépris de celle-ci envers le rôle des tirailleurs Sénégalais ?




    Et si la xénophobie actuelle en France tenait sa source du mépris de celle-ci envers le rôle des tirailleurs Sénégalais ?
    Si une leçon est à apprendre en ce bas monde c’est que les vérités qu’on essaie d’ignorer le plus sont celles qu’on aurait le plus d’intérêt à connaître .
    A l’heure où la France et les alliés se préparent à célébrer les 70 ans du débarquement de Normandie et la défaite du nazisme l’absence de dirigeants Africains aux commémorations prouve que le rôle de l’Afrique continue à être méprisé après toutes ces années . Pourtant le corps des tirailleurs coloniaux plus connu sous l’appellation » tirailleurs Sénégalais » crée par Louis Léon Faidherbe alors gouverneur du Sénégal en 1857 paya un très lourd tribut lors de la première et seconde guerre mondiale . Ces tirailleurs furent enrôlés par Blaise Diagne lors de la première guerre mondiale avec en retour la promesse de médailles militaires , un habillement neuf , un certificat de » bien manger » et enfin la citoyenneté Française que la majorité ne reçue jamais . Pendant la seconde guerre mondiale environ 200.000 Africains furent enrôlés de force par la France sur le théâtre des opérations en Europe et en Afrique du Nord . Les Allemands sidérés de les voir au milieu d’une guerre entre blancs les exterminaient automatiquement car les considérant comme des êtres inférieurs ne méritant que la mort . Il y eut des cas où après avoir encerclé des troupes Françaises les Allemands triaient les noirs des prisonniers blancs ensuite ils leurs donnaient des balles à blanc et dans des exercices macabres s’amusaient à faire la guerre avec eux en leur tirant dessus avec de vrais balles pour s’entraîner ou simplement se divertir . Des chercheurs Allemands les utilisèrent aussi comme cobayes dans des hôpitaux et laboratoires secrets pour des recherches médicales . Les Américains qui déjà pratiquaient la ségrégation au sein de leur propre armée poussèrent l’infamie jusqu’à protester ouvertement contre le fait d’avoir des hommes de couleur se battre à côté d’eux . Apres la libération de Paris en dehors des images de soldats Français , Américains , Britanniques et Russes l’histoire retiendra surtout le général Charles de Gaule avec à ses cotés le général Philippe Leclerc marcher triomphalement sur les Champs Elysées acclamés par le peuple Français . Rares furent les photos de soldats noirs Africains ou Américains célébrant la victoire . La question qui demeura une énigme pour ces Africains à savoir pourquoi les Américains , Britanniques mais surtout De Gaule et la France blanchirent les troupes après la libération l’est toujours 70 ans plus tard pour leurs filset petits-fils en commençant par moi-même ! mon grand père paternel fut l’un d’eux . Pourquoi la France refuse t’elle toujours d’admettre officiellement le rôle très important des Africains pendant la deuxième guerre mondiale . Après avoir écarté les Africains de la majorité des photos et images réservées à la postérité on les obligea à rentrer indignement chez eux avec la promesse qu’une fois sur place leurs indemnités de démobilisation leurs seraient payées . Au Sénégal à cause des lenteurs de l’administration Française certains tirailleurs commencèrent à s’impatienter car voulant rentrer chez eux après toutes ces années d’absence . C’est ainsi qu’après une révolte à Thiaroye en novembre 1944 l’armée Française ouvrit le feu sur les tirailleurs et brûla vivant certains dans leur sommeil en mettant le feu dans les cabanes où ils dormaient . Aucun chiffre exact sur le nombre des morts n’existe à ce jour . Les rescapés rentrèrent sans être payé et les morts enterrés sans honneur comme des chiens dans des fosses communes . La montée de la xénophobie en Europe et particulièrement en France est la preuve que ce mépris a finit par créer une ignorance xénophobe car le rôle de l’Afrique et des Africains dans la lutte pour la liberté que fut la deuxième guerre mondiale est grandement méconnue . Ces Africains ont servi avec dignité dans toutes les grandes batailles avec courage et honneur . De l’Algérie au Maroc en passant par le Mali , le Sénégal , la Guinée , la Côte d’Ivoire , le Tchad , le Cameroun , le Burkina Faso , le Gabon pour ne citer que ceux ci notre sang à coulé pour la victoire du bien sur le mal et surtout pour la libération de la France . 70 ans après la fin de l’occupation Allemande de la France le séisme électorale qui s’est passé dernièrement lors des élections Européennes prouve que si la France prenait le temps , la grâce et l’honnêteté morale de reconnaître le rôle des noirs dans le combat pour sa liberté peut être la montée duracisme et des mouvements d’extrêmes droites chez certains de ses enfants serait freinée . Jean Marie Le Pen réfléchirait avant de déverser sa bile ignorante et ingrate sur ceux dont les parents et grands-parents ont donnés leurs vies pour la liberté d’une France qui pourtant leur privaient cette même liberté en Afrique . Si lesdiscours racistes et le droit d’emmerder le monde de Le Pen et de ses écervelées defille et petite fille sont en Français et non pas en Allemand c’est en partie grâce aux Africains que lui et sa famille essaient de virer d’Europe .
    A nos compatriotes méconnus et anonymes tombés sur le champ d’honneur défendant la liberté d’un pays qui continue à leur nier leur place dans l’histoire je rendhommage solennellement devant l’humanité au nom de l’Afrique .

    Thursday, June 05, 2014

    Histoire des tirailleurs: chronologie




    mediaTirailleurs à Dakar.Archives du Sénégal
      En 1857 est créé le corps des tirailleurs sénégalais par un décret de Napoléon III. Faidherbe met alors sur pied un bataillon de tirailleurs sénégalais comprenant quatre compagnies... De cette date à leur suppression, dans les années 1960, les tirailleurs participent à toutes les campagnes coloniales menées par la France.


      Fin du XIXe siècle : Les tirailleurs prennent part aux conquêtes coloniales françaises sur le sol africain. Ils se battent contre El-Hadj Omar en 1857, Lat Dior en 1864, Béhanzin en 1894, Samory Touré en 1898. Ils contribuent à de nombreuses missions et à diverses expéditions comme à Madagascar en 1895, et 150 d’entre eux participent à la mission Marchand (1896-1899).
      14 juillet 1899 : Les Européens et les Africains de la mission Marchand - De l’Atlantique à la Mer Rouge - sont à l’honneur au défilé de Longchamp (à l'époque les parades du 14-Juillet avaient lieu sur l'hippodrome).
      1900 : Une loi militaire transforme les formations d’Infanterie et d’artillerie de marine en troupes coloniales et les rattache au ministère de la Guerre. On compte alors 6 000 tirailleurs africains et malgaches organisés en régiments.
      14 juillet 1913 : Remise de la Légion d’honneur au drapeau du 1er régiment de tirailleurs sénégalais.
      Première Guerre mondiale (1914-1918) :Environ 161 250 tirailleurs africains et malgaches sont recrutés au cours de la Première Guerre mondiale. 134 000 d’entre eux interviennent sur le front de France et aux Dardanelles (1915), à Verdun ou sur la Somme (1916). 15 000 tirailleurs africains et malgaches sont lancés à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames en 1917. 36 000 tirailleurs sont blessés et 29 000 sont tués ou déclarés disparus.
      1915 : Les résistances face au recrutement forcé de tirailleurs en Afrique prennent la forme de révoltes ouvertes comme dans le Bélédougou (Mali), dans l’Ouest-Volta (Burkina Faso), ou au nord du Dahomey (Bénin) en 1916.
      1918 : L’«Appel à l’Afrique» lancé par le député du Sénégal Blaise Diagne est un véritable succès : 63 000 hommes en Afrique occidentale française (AOF) et 14 000 en Afrique équatoriale française (AEF) sont incorporés dans l’armée française.
      Entre deux guerres : En 1919, les troupes coloniales occupent l’Allemagne au sein de l’Armée du Rhin. Des tirailleurs participent au défilé de la victoire sous l’Arc de triomphe de l’Étoile le 14 juillet 1919. En 1924, un monument Aux Héros de l’Armée noire est inauguré à Bamako. Six régiments de tirailleurs sénégalais stationnent sur le territoire métropolitain. D’autres sont affectés au « maintien de l’ordre » dans les colonies et participent à la guerre du Rif au Maroc en 1925 contre Abd el-Krim.
      Seconde Guerre mondiale (1939-1945) : On estime à 179 000 le nombre de tirailleurs mobilisés au 1er juin 1940, dont 40 000 engagés dans les combats en métropole. Ils participent aussi bien à la campagne de France (10 mai - 25 juin 1940), qu'à l'ensemble des combats menés par la France libre, intervenant notamment au Gabon (1940), à Koufra (1941) et à Bir Hakeim (1942), puis à ceux de la France combattante. Engagés en Tunisie (1943), en Italie (1943-1944), ils participent à la Libération, débarquant en Provence et combattant jusqu'aux Vosges avec la Ière armée (1944).
      Mai–Juin 1940 : Près de 3 000 tirailleurs africains et malgaches faits prisonniers sont exécutés sommairement par la Wehrmacht au motif de la couleur de leur peau. Du 5 au 7 juin, le 53e régiment d’infanterie coloniale mixte sénégalais est anéanti à Airaines dans la Somme. Les 18 et 19 juin, près de 200 prisonniers du 25e régiment des tirailleurs sénégalais sont abattus dans la région de Lyon.
      Plusieurs révoltes de tirailleurs démobilisés et réclamant le paiement de diverses indemnités, éclatent durant la Seconde Guerre mondiale. Toutes sont réprimées par l’autorité militaire : en 1940 au camp de Kindia en Guinée et au camp de Dédougou au Burkina Faso ; en 1944 dans les casernes françaises de Versailles, Hyères, Marseille, Sète, Morlaix ; et au camp de Thiaroye au Sénégal.
      Les guerres coloniales : Les tirailleurs africains et malgaches participent aux guerres contre les mouvements nationalistes en lutte au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à Madagascar, en Indochine, et en Afrique du Nord.
      1947 : 18 000 tirailleurs participent aux opérations de répression contre l’insurrection à Madagascar ; 1 900 y périssent. Officiellement, le nombre de victimes malgaches s’élevait à 89 000, un chiffre toujours discuté. En 2005, Jacques Chirac déclarera : « Il faut évoquer les pages sombres de notre histoire commune et avoir conscience du caractère inacceptable des répressions engendrées par les dérives du système colonial. En 1947, le sentiment national montait sur la Grande Île où s’enchaînèrent des événements tragiques. Rien, ni personne, ne peut effacer le souvenir de toutes celles et de tous ceux qui perdirent injustement la vie et je m’associe avec respect à l’hommage qu’ils méritent. »
      ... des anciens tirailleurs (...) qui depuis leur retour à Madagascar, ont été catéchisés en vue d'une révolte.
      MadagascarMars 1949. Reportage de Raymond Marcillac sur la "pacification" de l'armée française.INA.02/10/2013Écouter
      Guerre d’Indochine (1947-1954) : 60 000 combattants africains et malgaches sont engagés en Indochine. 2 800 meurent pour la France.
      1957-58 : Des tirailleurs participent aux opérations menées contre l’Union des populations du Cameroun (UPC), dont le leader, Ruben Um Nyobé, est traqué et abattu dans le maquis en septembre 1958.
      Guerre d’Algérie (1954-1962) : Des combattants africains participent au sein des régiments d'infanterie de marine à la guerre d’Algérie.
      1959 : L’article 71 de la loi française des Finances «cristallise» au niveau de 1959 les pensions d’invalidités et les retraites des anciens combattants de son ancien empire colonial.
      1960-1964 : Dissolution des dernières unités de tirailleurs sénégalais.
      2001 : Suite à une plainte déposée par l’ancien sergent-chef sénégalais Amadou Diop, un arrêt du Conseil d’État condamne la France au motif de discrimination fondée sur la nationalité en matière de pensions.
      2003 : Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin s’engage sur la voie d’une décristallisation partielle des pensions des anciens tirailleurs, qui ne seraient toujours pas indexées sur celles de leurs camarades français mais sur le coût de la vie dans leur pays de résidence.
      2004 : 120 millions d’euros sont débloqués par le gouvernement français pour revaloriser partiellement les pensions des anciens combattants originaires des anciennes colonies. Le président Jacques Chirac rend hommage aux tirailleurs de la Seconde Guerre mondiale en faisant chevaliers de la Légion d’honneur une vingtaine de vétérans africains.
      2006 : Hamloui Mekachera, ministre délégué aux Anciens Combattants, annonce que les anciens combattants des ex-colonies françaises toucheront, à partir de 2007, les mêmes pensions d’invalidité et retraites de combattant que leurs frères d’armes français. La question des militaires de carrière et du rattrapage du manque à gagner depuis 1959, n’est pas envisagée.

      Article rédigé en 2010 à l'occasion du cinquantenaire des indépendances africaines.

      L'équipement des tirailleurs




      mediaDR


        • La tenue modèle 1914
        Cette tenue, composée des « effets spéciaux aux militaires sénégalais de l’Afrique du Nord », comprend un paletot croisé et une culotte en molleton bleu foncé, un collet à capuchon du modèle des zouaves en drap gris de fer bleuté et une paire de bandes molletières en laine bleu foncé.
        L’ancre prend la place des lettres TS sur le collet chevalière. La chéchia, la ceinture de laine écarlate et les équipements de cuir noir, avec notamment le ceinturon modèle 1870 à boucle à un ardillon propre aux troupes coloniales, sont conservés de l’ancienne tenue. Le paletot est ici dépourvu de la tresse jonquille qui borde le collet et dessine les parements en pointe.
        Avec leur arrivée en métropole, les tirailleurs abandonnent les sandales pour porter les brodequins. La tenue bleu marine est encore portée en 1915, notamment aux Dardanelles.
        • Le bleu horizon
        Adopté à la fin de l’année 1914, le bleu horizon fait son apparition dans les unités des troupes coloniales au printemps 1915. Marsouins et tirailleurs reçoivent leurs uniformes bleu horizon en même temps. Chacun reste fidèle à une tenue qui l’identifie : le marsouin garde son paletot à col droit, le tirailleur un paletot à col rabattu. La principale différence est indiquée par l’emploi de la couleur écarlate pour l’un et de la couleur jonquille pour l’autre. En tenue de combat, l’équipement et l’armement sont les mêmes.
        Avec cette tenue, l’adoption de la capote par les tirailleurs, de fait portée depuis l’automne 1914, est rendue officielle. Ce vêtement chaud est confectionné indifféremment en drap bleu horizon et en drap kaki.

        • La chéchia des tirailleurs
        Le premier uniforme donné aux tirailleurs sénégalais en 1857 lors de la création du corps est une tenue à l'orientale comme en portent alors les zouaves et les tirailleurs algériens. La coiffure qui l'accompagne est une chéchia et un turban. La chéchia est conservée par les Sénégalais pendant un siècle et portée avec les différentes tenues qu'ils revêtent tout au long de la période.
        Cette coiffure est devenue emblématique des tirailleurs. Quand en 1915 la société Banania substitue un tirailleur à l'Antillaise sur ses boîtes de cacao, elle l'habille de la tenue orientale mais le coiffe de la chéchia ; peu à peu elle resserre l'image sur le visage coiffé du tirailleur puis sur sa seule chéchia. De même, Paul Colin ne montre-t-il que la chéchia surmontant les yeux du tirailleur quand il dessine une affiche pour les troupes noires en 1940.
        Cette coiffure, « l’un des symboles les plus visibles de l’islam coutumier, couvre la tête, partie noble chez le musulman »*. Portée par le soldat, la chéchia prend valeur de symbole du pouvoir en place. Elle est rouge, c'est-à-dire de l'une des couleurs prisées par le pro­phète Mahomet. Elle ne comporte pas de visière pour permettre au croyant de se prosterner jusqu'au sol lors de la prière.
        Pendant la Première Guerre mondiale, la chéchia portée au combat est parfois recouverte d'un man­chon en toile kaki clair, puis confectionnée en drap bleu foncé dès la fin de 1914 ou le début de 1915, puis en drap bleu clair et enfin kaki en 1916. Après cette date, le casque écarte la chéchia du champ de bataille ; elle peut alors reprendre sa couleur d'origine. Le port de cette coiffure est abandonné après la Seconde Guerre mondiale.
        • Le barda
        Pour la vie en campagne, les tirailleurs utilisent le barda sénégalais, fait d’une toile de tente enveloppant le paquetage et porté aux épaules. Un sac ou une musette fantoches (modèles particuliers de confection non réglementaire) se substituent parfois à l’ancien barda.
        • Fusil double de marine, modèle 1861 de tirailleurs sénégalais
        Arme à deux canons calibrés à 18 mm utilisant des balles Minié. Canons en acier monobloc forés en même temps et rayés ensuite. Dernière arme réglementaire à chargement par la bouche. Marquée TS sur la plaque de couche. Ancre sur la plaque de couche, à la croisée de la baïonnette et sur le fourreau.
        Longueur sans baïonnette : 1,130 m
        Poids : 4,180 kg
        Calibre 17,8 mm
        Canons juxtaposés, monobloc, longueur 0,70 m, acier fondu (premiers canons en acier). Rayures du fusil d'infanterie. Fixés à la monture par une tirette et deux crochets à bascule. Cheminées « de guerre ». Directrice pour baïonnette. 2 porte-baguettes dont un, dit « à tonnelet », portant le battant. Mis « à la couleur d'eau ». Platines spéciales du type « en arrière » fixées par deux grandes vis. Deux détentes. Monture analogue à celle des fusils de chasse. Battant sur la crosse. Garniture en fer. La fabrication de premiers fusils doubles remonte à 1848 et 1850 pour les voltigeurs corses. Arme des tirailleurs sénégalais jusqu'à l'adoption du Kropatschek vers 1880, ce fusil n'a pas été employé à bord des bâtiments de la flotte mais uniquement au Sénégal ou dans les territoires ressortissant au ministère de la Marine et des Colonies.
        • Voiture Lefebvre
        C'est en février 1883 que le lieutenant-colonel Borgnis-Desbordes entre à Bamako (Soudan devenu Mali), à la tête d'une colonne de 542 combattants, dont 237 Africains et 769 non-combattants (dont 19 spécialistes européens). Gallieni y a campé trois années auparavant, mais n'est venu qu'en négociateur. Onze coups de canons tirés avec les pièces de 4 sont salués par cette phrase du colonel : « Le bruit que font nos petites bouches à feu ne dépassera pas les montagnes voisines et cependant, soyez-en convaincus, on en entendra l'écho bien au-delà du Sénégal ». En effet, l'installation des Français à Bamako marque le début de la conquête des pays du Sahel, qui est achevée le 22 avril 1900, à Kousseri, sur les bords du Chari. C'est le capitaine Archinard qui est chargé d'édifier le fort.
        À la pose de la première pierre, le pavillon national est hissé : il a été offert par Madame Lefebvre, épouse de l'inventeur de la voiturette qui améliore considérablement les conditions de transport dans les convois. Métalliques (fer ou aluminium) et démontables, les voitures Lefebvre sont de plusieurs types : à couvercle, à ridelles, à plate-forme, téléphonique, à réservoir ou à bascules. La voiture type comprend un coffre métallique étanche (et flottant, ce qui permettait de s’en servir pour le franchissement des cours d’eau) reposant par un fer en U sur un essieu coudé munie de roues métalliques ; une limonière mobile s’adapte au coffre. D’un poids de 270 kilos, attelée à un mulet, elle pouvait transporter 500 kilos en terrain plat. Au Soudan, elles furent employées en grand nombre pour les convois des lignes de ravitaillement. 60 voitures Lefebvre furent utilisées pendant la campagne du Dahomey et plus de 5 000 pour l’expédition de Madagascar.
        • Casque Adrian
        En 1916, les bataillons de tirailleurs sénégalais sont équipés du casque du modèle 1915. D’abord de couleur bleu horizon et porté avec un couvre-casque rapidement abandonné, il est ensuite peint en kaki pour s’harmoniser avec la tenue moutarde. Le casque est orné d’un attribut propre aux troupes coloniales constitué d’une grenade sur une ancre.
        Le modèle présenté ici est une fabrication pour officier avec une jugulaire de fantaisie et une ancre non réglementaire.
        • Coupe-coupe ou sabre d’abattis de tirailleur sénégalais
        Le coupe-coupe ou sabre d'abattis est un outil réglementaire des tirailleurs. Son utilisation en 1914-1918 au cours des plus durs affrontements à l'arme blanche contribue à établir la réputation combative des troupes noires. Elle leur a valu aux heures sombres de 1940 d'être souvent odieusement massacrés par les Allemands.
        « À Esservillers en juillet 1916, une compagnie du 69e bataillon de tirailleurs sénégalais se replie légèrement sous la poussée d’une contre-attaque boche, le tirailleur Mansa Mano s’aperçoit au bout d’un moment qu’il a perdu son coupe-coupe. Il n’hésite pas, il retourne à l’ancien emplacement de la compagnie et se fait tuer en engageant la lutte avec un groupe d’Allemands. » (extrait d’un historique)


        *Malek Chebel, Dictionnaire des symboles musulmans. Rites, mystique et civilisation. Pa­ris, Albin Michel, 1995.
        Article rédigé en 2010 à l'occasion du cinquantenaire des indépendances africaines.