|
http://www.facebook.com/group.php?gid=43565411931
Wikio
« Répondant à l’appel de la France en péril de mort, vous avez rallié les Forces Françaises Libres. « Vous avez été de l’équipe volontaire des compagnons qui ont maintenu votre pays dans la guerre et dans l’honneur. « Vous avez été de ceux qui, au premier rang, lui ont permis de remporter la victoire. « Au moment où le but est atteint, je tiens à vous remercier amicalement, simplement, au nom de la France ! » 1er septembre 1945, Charles de Gaulle.
Par René Naba | |
Le 16 juin 2009 | |
Photographies Philippe Guionie, Prix Roger Pic 2008 pour son portfolio Le tirailleur et les trois fleuves. Ouvrage : Anciens combattants africains, Éd. Les Imaginayres La France qui se refuse aux statistiques ethniques comme contraires aux principes fondateurs de la République française (Egalité et Fraternité), est, en fait, un ferme partisan de cette pratique discriminatoire dans la rétribution de ses anciens combattants d’origine non française, et, même au-delà, dans la mobilité sociale des diverses composantes de la société française. Pour mémoire, le bilan des pertes indigènes pour les deux grandes guerres mondiales du XX e siècle, s’est élevé, rien que pour les tués, à 113.000 morts, soit autant que la population conjuguée des villes de Vitrolles et d’Orange, les deux anciens fiefs du Front National. Il n’était pas alors question de «seuil de tolérance», encore moins de test ADN, ni de charters de la honte, mais de sang à verser à profusion, comme en témoigne le tableau suivant: 1-La contribution globale des colonies à l’effort de guerre français La contribution globale de colonies à l’effort de guerre français pour la 1ère Guerre Mondiale (1914-1918) s’est élevée à 555.491 soldats, dont 78.116 ont été tués et 183.903 affectés à l’arrière à l’effort de guerre économique en vue de compenser l’enrôlement de soldats français sur le front (1). L’Algérie, à elle seule, a fourni 173.000 combattants musulmans, dont 23.000 ont été tués, et 76.000 travailleurs ont participé à l’effort de guerre, en remplacement des soldats français partis au front. La contribution totale des trois pays du Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc) s’est élevée à 256.778 soldats, 26.543 tués et 129.368 travailleurs. L’Afrique noire (Afrique occidentale et Afrique équatoriale) a, pour sa part, offert 164.000 combattants dont 33.320 tués, l’Indochine 43.430combattants et 1.123 tués), L’Ile de la Réunion 14.423 combattants et 3.OOO tués, Guyanne-Antilles (23.OOO combattants, 2037 Tués). Pour la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945): La première armée d’Afrique qui débarqua en Provence (sud de la France), le 15 août 1944, avait permis d'ouvrir un deuxième front en France après le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie. Cette armée de 400.000 hommes, comptait 173 000 arabes et africains dans ses rangs. De juin 1940 à mai 1945, cinquante cinq (55 000) Algériens, Marocains, Tunisiens et combattants d'Afrique noire furent tués. 25 000 d'entre eux servaient dans les rangs de l'armée d'Afrique. 2- «Les oubliés de la République», la permanence d’une posture raciste. Le maintien d’une pratique discriminatoire dans la rétribution des anciens combattants d’origine non française traduit le mépris de la France à l’égard de ses anciens servants, et pis, à l’égard de ses propres principes. Elle porte la marque d’un racisme institutionnel subliminal dans le droit fil des notations des travailleurs coloniaux de l’entre deux guerres (1919-1939). A l’instar d’une cotation boursière sur un marché de bétail, ceux-ci les étaient déjà à l’époque crédités de points, avec les responsabilités et rétributions y afférentes, en fonction de leur nationalité et de leur race avec de subtiles distinctions selon leur lieu de provenance. Ainsi le Chinois se situait au bas de la hiérarchie, sa production évaluée à 6 sur une échelle où le Marocain était placé à 8, l’Algérien (arabe), le Kabyle et le Grec à 10, l’Italien et l’ Espagnol à 12, alors que le Français se trouvait dans tous les classements naturellement au sommet de la hiérarchie avec une note inégalable de 20 sur 20. Score jamais enregistré par aucune autre nationalité, sous aucun autre ciel, dans aucune autre compétition (2). La France a décidé de geler le montant des retraites des combattants étrangers en raison du poids financier que cette charge représentait pour le budget français, habillant cette mesure économique de considérations morales: geler le niveau de la retraite à la date de l’indépendance de leur pays respectif pour marquer la scission d’avec la métropole. Ce geste symbolique de rupture occulte le fait que les anciens combattants avaient servi leur colonisateur et non leur pays d’origine. Argument fallacieux s’il en est, il ne résiste pas à l’analyse pas plus que l’argument de rechange qui relevait, lui aussi, de la pure casuistique: Le gel de pensions à leur niveau de l‘accession à l’indépendance du pays concerné évitait que les retraités indigènes ne disposent de revenus plus importants que leurs compatriotes non combattants de leur pays d’origine, afin de prévenir toute déstabilisation de leur environnement local. Une sorte de nivellement par le bas enrobé du pompeux mot de «cristallisation», par analogie au phénomène chimique. Les circonvolutions juridiques ne changeront rien à la réalité des choses, et, au-delà des considérations économiques, la décision française induit implicitement un jugement moral sur la valeur respective du sang français et du sang indigène sur la bourse des valeurs entre des frères d’armes qui encourrait pourtant à l’époque le même péril dans un même combat. Comment justifier, sinon, cette discrimination dans le traitement d’un ancien combattant français qui perçoit 600 euro par mois d’indemnités, d’un sénégalais 100 euro par mois ou, pis, d’un marocain qui a droit à 60 euro par mois, soit dix fois moins que le français, sous réserve d’une obligation de résidence de neuf mois par France par an. N’en déplaise à personne, la disparité des retraites constitue sans contestation possible une forme insidieuse de la diversité à la française ancrée durablement dans la conscience nationale et que le président Nicolas Sarkozy se propose de réactualiser comme antidote au principe fondateur de la République française, le principe d’égalité. La pension de retraite des anciens combattants indigènes apparaît ainsi comme un salaire ethnique, inique et cynique. Une discrimination injustifiable tant au niveau du droit que de la morale, en ce qu’elle aboutit à pénaliser des étrangers pour leur suppléance de la défaillance des Français dans la défense de leur propre territoire national. Une double peine en somme en guise de gratitude. Son maintien, en dépit des critiques, signe la permanence de la filiation gobino-darwiniste du corpus juridique français matérialisée par la codification du Code Noir de l’esclavage (pour le continent noir) et le Code de l’Indigénat (pour les musulmans d’Algérie), au XVIIIe et XIXe siècle. Cette approche raciale est en contradiction avec la contribution des peuples basanés à la liberté de la France et à sa reconstruction, en contradiction aussi avec les principes universalistes que la «Patrie des Droits de l’Homme» ambitionne de véhiculer à travers le monde, une théorie qui dessert enfin la France et son obère son discours humaniste. 3- Du rôle positif des colonisés par rapport à leur colonisateur La France, pour douloureux que soit ce constat pour notre amour propre national, a été le seul grand pays européen à l’articulation majeure des deux grands fléaux de l’Occident de l’époque contemporaine, «les penchants criminels de l’Europe démocratique» (4), la traite négrière et l’extermination des Juifs, contrairement à la Grande Bretagne qui a pratiqué la traite négrière exclusivement, sans aucunement participé à l’extermination des Juifs, contrairement même à l’Allemagne qui a conçu et réalisé, elle, la solution finale de la question juive, mais sans participation significative à la traité négrière. Elle se distingue aussi des autres grands pays occidentaux non seulement dans le traitement réservé à ses anciens combattants indigènes, mais aussi dans sa dette morale à leur égard. Jamais pays au monde n’a été autant que la France redevable de sa liberté aux colonies, jamais pays au monde n’a pourtant autant que la France réprimé ses libérateurs souvent de manière compulsive. Là réside le paradoxe de la France: Par deux fois en un même siècle, phénomène rarissime dans l’histoire, ces soldats de l’avant, les avant-gardes de la mort et de la victoire auront été embrigadés dans des conflits qui leur étaient, étymologiquement, totalement étrangers, dans une « querelle de blancs », avant d’être rejetés, dans une sorte de catharsis, dans les ténèbres de l’infériorité, renvoyés à leur condition subalterne, sérieusement réprimés aussitôt leur devoir accompli, comme ce fut le cas d’une manière suffisamment répétitive pour ne pas être un hasard, à Sétif (Algérie), en 1945, cruellement le jour de la victoire alliée de la seconde Guerre Mondiale, au camp de Thiaroye (Sénégal) en 1946, et, à Madagascar, en 1947, enfin, au Cameroun, sans doute à titre de rétribution pour leur concours à l’effort de guerre français. En Grande Bretagne, contrairement à la France, la contribution ultramarine à l’effort de guerre anglais a été de nature paritaire, le groupe des pays anglo-saxons relevant de la population Wasp (White Anglo Saxon Protestant), -Canada, Australie, Nouvelle Zélande-, a fourni des effectifs sensiblement égaux aux peuples basanés de l’empire britannique (indiens, pakistanais etc.). Il s’en est suivi la proclamation de l’Indépendance de l’Inde et du Pakistan en 1948, au sortir de la guerre, contrairement, là aussi, à la France qui s’engagera dans dix ans de ruineuses guerres coloniales (Indochine, Algérie). Autre paradoxe, leur stigmatisation par le terme «Bougnoule» (5), terme pourtant qui tire ainsi son origine de l’expression argotique de cette supplique ante mortem. Par un dévoiement de la pensée sans doute unique au monde, la revendication ultime préludant au sacrifice suprême -«Aboul Gnoul, apporte l’alcool»- le breuvage galvaniseur de l’assaut des lignes ennemies, finira par constituer la marque d’une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs. Dans les ouvrages français, le calvaire de leur dépersonnalisation et leur combat pour la restauration de leur identité et de leur dignité se résumeront à cette définition laconique: «Le bougnoule, nom masculin apparu en 1890, signifie noir en langue Wolof (dialecte du Sénégal). Donné familièrement par des blancs du Sénégal aux noirs autochtones, ce nom deviendra au XX me siècle une appellation injurieuse donnée par les Européens d’Afrique du Nord aux Nord-Africains. Synonyme de bicot et de raton». Un glissement sémantique du terme bougnoule s’opérera au fil du temps pour englober, bien au delà de l’Afrique du Nord, l’ensemble de la France, tous les «mélanodermes», arabo-berbères et négro-africains, pour finir par s’ancrer dans le tréfonds de la conscience comme la marque indélébile d’un dédain absolu, alors que parallèlement, par extension du terme raton qui lui est synonyme, le langage courant désignait par «ratonnade» une technique de répression policière sanctionnant le délit de faciès. Bougnoule finira par confondre dans la même infamie tous les métèques de l’Empire, piétaille de la République, promus au rang de défenseurs occasionnels de la Patrie, qui étaient en fait les défenseurs essentiels d’une patrie qui s’est toujours voulue distincte dans le concert des nations, qui se distinguera parfois d’une façon hideuse, traînant tel un boulet, Vichy, l’Algérie, la collaboration, la délation, la déportation et la torture, les pages honteuses de son histoire, peinant des décennies durant à expurger son passé, et, pour avoir tardé à purger son passif, en paiera le prix en termes de magistère moral....... Un pays qui ignore son histoire a tendance à la répétition et les opérations de récupération paraissent inopérantes pour la pédagogie nationale. Il en va du salaire ethnique des anciens combattants «basanés» comme de l’exaltation du martyr du jeune résistant communiste Guy Môquet (6) qui demeurera, lui aussi sans portée thérapeutique aussi longtemps que ne seront dénoncés, ses bourreaux, ceux qui ont inscrit son nom sur la liste des suspects comme ceux qui l‘ont livré aux Allemands, c'est-à-dire la police française et le ministre de l’intérieur de l’époque, le lointain prédécesseur de Nicolas Sarkozy auteur de cette mystification mémorielle. ... De la même manière que les marronniers sur les oubliés de la République continueront de relever d’un pur exercice de style aussi longtemps que le silence sera maintenue sur la rémunération ethnique comme la face hideuse du racisme institutionnel français. Références 1- Cf.: «L’Empire dans la guerre» publication du service historique de l’armée, dont le document mentionne le critère religieux des soldats originaires d’Afrique. Ce document est publié en annexe du livre «Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français», René Naba/ Harmattan 2002 2- «Une théorie raciale des valeurs? Démobilisation des travailleurs immigrés et mobilisation des stéréotypes en France à la fin de la grande guerre» par Mary Lewis, enseignante à la New York University, in «L’invention des populations», ouvrage collectif sous la direction d’Hervé Le Bras (Editions Odile Jacob). 3- «La France dans toutes ses déclinaisons, A propos du rôle positif de la colonisation: Déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française» Cf. :«De notre envoyé spécial, un correspondant sur le théâtre du monde» René Naba Harmattan Mai 2009 4- «Les penchants criminels de l’Europe démocratique»- Jean Claude Milner - Editions Verdier 2003 5- A propos du terme Bougnoule, ses origines, sa définition et sa portée symbolique: http://latelevisionpaysanne.fr/video.php?lirevideo=109#109 Et dans sa version mixée en reggae : http://www.jamendo.com/us/album/972/ 6- «Cf.: «Comment Nicolas Sarkozy écrit l’Histoire de France» de l’affaire Dreyfus à Jean Jaurès à Guy Môquet, au plateau de Glières. Par Laurence de Cock, Fanny Madeleine, Nicolas Offenstadt et Sophie Wahnic- Editions Agone 2008.
| |
Avis de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que l'auteur et ne reflètent pas nécessairement celles du Centre de recherche sur la mondialisation. Pour devenir membre du Centre de recherche sur la mondialisation Le Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) accorde la permission d'envoyer la version intégrale ou des extraits d'articles du site www.mondialisation.ca à des groupes de discussions sur Internet, dans la mesure où les textes et les titres ne sont pas modifiés. La source doit être citée et une adresse URL valide ainsi qu'un hyperlien doivent renvoyer à l'article original du CRM. Les droits d'auteur doivent également être cités. Pour publier des articles du Centre de Recherche sur la mondialisation en format papier ou autre, y compris les sites Internet commerciaux, contactez: crgeditor@yahoo.com www.mondialisation.ca www.mondialisation.ca contient du matériel protégé par les droits d'auteur, dont le détenteur n'a pas toujours autorisé l’utilisation. Nous mettons ce matériel à la disposition de nos lecteurs en vertu du principe "d'utilisation équitable", dans le but d'améliorer la compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux. Tout le matériel mis en ligne sur ce site est à but non lucratif et est mis à la disposition de tous ceux qui s'y intéressent dans le but de faire de la recherche ainsi qu'à des fins éducatives. Si vous désirez utiliser du matériel protégé par les droits d'auteur pour des raisons autres que "l'utilisation équitable", vous devez demander la permission au détenteur de ces droits. Pour les médias: crgeditor@yahoo.com © Droits d'auteurs René Naba, Le blog de René Naba, 2009 L'adresse url de cet article est: www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=NAB20090616&articleId=13988 | |
© Copyright 2005-2008 Mondialisation.ca Web site engine by Polygraphx Multimedia © Copyright 2005-2008 |
Le 10 mai 2006, la France commémore pour la première fois de
son histoire, l'abolition de l'esclavage.
|
Posted by
EMILIANO do REGO
at
11/23/2009 06:37:00 AM
0
comments
Labels: dette de sang, LE SANG DES TIRAILLEURS, tirailleurs africains, Tirailleurs Sénégalais
Intervention de Mme Rama YADE,
Secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des droits de l’Homme,
à l’occasion de la cérémonie en hommage aux héros de l’Armée noire
(Reims, le lundi 3 novembre 2008)
* * * * *
Monsieur le Ministre de la Défense de la République du Mali,
Monsieur le Ministre, cher Jean-Marie BOCKEL,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Madame le Maire,
Messieurs les Présidents du Conseil régional et du Conseil général,
Chers amis,
Je suis fière d’être avec vous aujourd’hui à Reims, une ville qui, du baptême de Clovis au dernier sacre d’un roi de France, a été intimement liée à la constitution de la Nation française. Une ville aussi qui a été aux avants-postes des combats sanglants de deux guerres mondiales, et à la défense de laquelle les « Tirailleurs sénégalais » se distinguèrent par leur ardeur et leur courage.
Près d’un million de combattants issus de ce qui constituait alors l’empire colonial français ont servi dans l’armée française au cours du XXème siècle. Originaires du Maghreb, d’Afrique noire, de Madagascar, d’Asie, près de 100.000 d’entre eux sont « morts pour la France ». De 1914 à 1918, 250.000 soldats africains noirs ont combattu sur notre sol et 27.000 d’entre eux y ont fait le sacrifice de leur vie. La France leur a rendu hommage en érigeant dans votre ville en 1924 un monument « aux Héros de l’Armée noire », un témoignage que les nazis se sont empressés de détruire en 1940 et qu’aujourd’hui nous devons rebâtir. Ce projet existe aussi parce qu’un homme, Chekh Sakho, s’est mobilisé, faisant preuve d’une détermination sans faille, jamais désespérée.
Je salue avec une très grande émotion cette entreprise. Que cela n’a-t-il été fait avant ? Le peuple français a une dette envers les tirailleurs sénégalais. Cette dette est sacrée. Elle touche à la Nation. Les tirailleurs sont tombés pour que la France ne meure pas. Pour que vive la France. Loin de chez eux. Disons le clairement : l’hommage de la France aux Tirailleurs sénégalais a été en deçà de leur sacrifice. Nous avions pourtant un égal souvenir de la Grande Guerre : les mots « Somme », « Dardanelles », « matricule », « Verdun » résonnent familièrement aux oreilles des tirailleurs. Aux miennes aussi.
Avec la deuxième guerre mondiale, c’est la génération suivante qui sera sollicitée. Dès juin 40, on mobilise 200.000 coloniaux originaires de l’Afrique subsaharienne. Les combats de la campagne de France au printemps 40 sont brefs mais terriblement meurtriers pour les troupes d’outre mer. Trente mille Africains périssent au front. Beaucoup sont faits prisonniers par les Allemands. Pendant ce temps, c’est en Afrique que le Général de Gaulle, confronté à ses premiers bains de foule, trouve l’énergie pour continuer le combat de la France libre. Les premiers territoires ralliés en 1940 au Général sont africains : tout d’abord le Tchad, conduit par le premier gouverneur noir de l’Empire, le Guyanais Félix Eboué ; puis le Cameroun, sous la commandement du futur Général Leclerc. Les premières victoires de la France ont ainsi été obtenues grâce à une armée constituée à 80% d’Africains.
Je n’oublie pas non plus, chère Euzhan Palcy, la part essentielle qu’ont eu les dissidents antillais dans la Résistance outre mer. C’est un hommage qui doit leur être encore rendu.
Il faut pleinement voir à quel point la « force noire » chère au général MANGIN, tirant de façon audacieuse, pour mieux effacer 1870, la conclusion extrême des prémisses posés sous le Second Empire par FAIDHERBE, constituait la face ultime d’un « pacte colonial » fondé sur l’égoïsme des intérêts et l’inégalité des conditions. Une inégalité statutaire, organisée, même si la fraternité des armes a dû très régulièrement en atténuer les conséquences.
Car, de retour dans leur pays d’origine, des tirailleurs sont fusillés pour avoir réclamé leur solde, comme ce 1er décembre 1944 à Thiaroye, dans la banlieue de Dakar. Aujourd’hui, 200 tombes anonymes témoignent de ce massacre. Les survivants percevront, eux, des pensions de guerre plus faibles que leurs compagnons d’armes : une décision administrative en 1959 diminue les pensions en les alignant sur le pouvoir d’achat du pays d’origine : là où un ancien combattant français invalide à 100% reçoit 4 081 francs de pension mensuelle, un Sénégalais perçoit 1463 francs et un Guinéen 673 francs. Il aura fallu attendre 2002, pour que le Conseil d’Etat dans un arrêt Diop considère ce système comme discriminatoire. Le Gouvernement consent alors à décristalliser les pensions versées à 80 000 anciens combattants. Consent, car cette opération ne fut obtenue qu’après des années de lutte. Et encore, la décristallisation ne fut-elle que partielle. L’écrivain Philippe Dewitte l’a très bien raconté dans le documentaire « L’histoire oubliée » de Eric Deroo et Alain de Sedouy : « on y voyait un ancien tirailleur courir de guichet en guichet de l’administration française pour obtenir une pension. En regardant ce long fantôme rescapé de Cassino et autres Dien Bien Phu, arborant la cravate rouge de commandeur de la Légion d’honneur, errer à travers les couloirs des administrations françaises, à la quête de la reconnaissance et d’une pension à laquelle il a droit, je ne pouvais, dit Dewitte, me départir d’un certain sentiment de honte ».
Honte d’un côté. Mais dignité de l’autre. Nous sommes nombreux à avoir en tête l’image de ces vieux tirailleurs africains qui ont vécu longtemps sans rien demander. Oui, ils avaient subi l’injustice. Oui, ils avaient payé le prix du sang sans en être remerciés. Mais combien d’entre eux ont traîné leur silhouette dans les villes et villages africains, dignes, ne revendiquant rien, étant simplement fiers d’avoir servi un pays qu’ils n’ont cessé d’appeler la mère patrie. Silence exceptionnel de ces hommes. Jusqu’à l’absurde. Rappelez vous ce 11 novembre : c’était en 1998, lorsque la République finit par se rappeler le souvenir du sacrifice des tirailleurs et envisage de leur signifier symboliquement la reconnaissance qu’ils n’attendaient plus. Le 11 novembre 1998, jour de son 104ème anniversaire, Abdoulaye Ndiaye, ancien tirailleur sénégalais, devait donc recevoir la légion d’honneur sur la place de son village par l’ambassadeur de France. Las ! La veille du jour de gloire, il mourut. Le destin avait-il voulu faire savoir que ce geste arrivait trop tard ?
Silence des tirailleurs. Incompréhension de leurs petits-enfants, aujourd’hui Français. Ecoutons Fatou Diome, la sénégalo-strasbourgeoise, qui dans La préférence nationale, lâcha son amertume devant un boulanger de Strasbourg qui lui demandait ce qu’elle venait chercher en France : « Je suis venue, Monsieur, pour rétablir la vérité. Vous m’avez appris à chanter Nos ancêtres les Gaulois. Je veux apprendre à vos gosses à chanter Nos ancêtres, les tirailleurs sénégalais ». Et à travers elle, à travers Fatou Diome, c’est toute une génération, celle des petits-enfants des tirailleurs, qui lança ce cri de douleur pour l’injustice faite à leurs pères. Jusqu’à aujourd’hui encore dans les tours de nos banlieues françaises. Cette jeunesse française issue de l’immigration : combien de fois l’ai-je entendu dire : à quoi sert-il d’aimer la France puisque nos grands-parents qui l’ont aimé jusqu’à mourir pour elle, n’y ont rien gagné. Contraste saisissant entre la fierté des tirailleurs d’avoir servi et la colère des petits-fils. Au point que je me demande parfois si les hommages aux tirailleurs ne devraient pas être plus efficaces que la discrimination positive pour apaiser nos chérubins de banlieues. Non, je ne me le demande pas. J’en suis sûre.
Et, d’autant plus, que la mémoire des tirailleurs n’est pas une mémoire qui divise. Entre les « gentils Africains » et les « méchants Français ». Dans la longue obscurité coloniale, il y a eu de grands Français qui ont eu un comportement qui touche au sublime. Et les tirailleurs sénégalais aiment à raconter leur compagnonnage avec le plus grand d’entre eux : Jean Moulin.
Nous sommes le 17 juin 1940 à Chartres, dans le département d’Eur-et-Loire. Les Allemands veulent imputer aux tirailleurs la responsabilité des massacres commis sur des civils français, en réalité victimes de bombardements allemands. Ils demandent à Jean Moulin, alors préfet, de reconnaître cette accusation en signant le protocole selon lequel des femmes et des enfants français ont été massacrés après avoir été violés. « Ce sont vos troupes noires, dit le document nazi, qui ont commis ces crimes dont la France portera la honte ». La réponse de Moulin est sans ambiguïté : « Nos tirailleurs sont incapables de commettre une mauvaise action contre des populations civiles et moins encore le crimes dont vous les accusez ». Torturé pendant sept heures, le chef de la Résistance ne signe pas le protocole. Sous la pression, il saisit un débris de verre et tente de suicider en se trancher la gorge. Pour ne pas avouer. Il raconte dans Premier combat : « je ne veux pas être complice de cette monstrueuse machination qui n’a pu être conçue que par des sadiques en délire ». Moulin gardera de cette tentative de suicide une cicatrice dissimulée sous sa célèbre écharpe.
Je veux à travers ce récit, à travers l’épopée des tirailleurs, vous dire, chers amis, que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise. Les facteurs d’unité plus puissants que les ferments de la discorde. Vous dire que des hommes noirs ont un jour aimé ce pays jusqu’à mourir pour lui. Que cet héritage devrait être le socle d’une unité nationale que l’on ne retrouve nul par ailleurs.
Posted by
EMILIANO do REGO
at
11/23/2009 06:31:00 AM
0
comments
Labels: aux héros de l’Armée noire, Le monument à l'Armée noire de Reims, tirailleurs africains, Tirailleurs Sénégalais
Posted by
EMILIANO do REGO
at
11/23/2009 06:24:00 AM
0
comments
Posted by
EMILIANO do REGO
at
11/23/2009 06:19:00 AM
0
comments
Labels: Hommage à la Force Noire, Jean-Marie Bockel, tirailleurs africains, Tirailleurs Sénégalais
présenté par Jean-Pierre HUSSON Les origines du monument de Reims « Aux héros de l'Armée noire » La description du monument de Reims réplique de celui de Bamako Le monument démantelé par les troupes allemandes d'occupation en septembre 1940 L'historique et la description du monument élévé en 1963 Les transpositions du monument de 1924 par le sculpteur Patrice Alexandre en 2001 Le Monument à l'Armée noire dans le rapport de la Commission Becker - Décembre 2007 Les autres monuments aux combattants d'Afrique noire La création de l'Association pour la mémoire de l'Armée noire ( AMAN )
| |||||||||
Les origines du monument de Reims En 1921 a été créé à Paris le Comité aux héros de l'Armée noire présidé par le général Louis ARCHINARD, ancien commandant supérieur du Soudan français, assisté du général MARCHAND. Le 29 octobre 1922 au matin, place du Boulingrin à Reims, le ministre de la Guerre, André MAGINOT, remettait solennellement des Croix de guerre à 166 communes de l'arrondissement de Reims, avant de venir poser la première pierre du monument à 15 heures, sur un terrain situé à l'embranchement du Boulevard Henry Vasnier et de l'avenue du général Giraud, à la sortie de Reims en direction de Châlons.
Blaise DIAGNE, député noir du Sénégal et vice-président du Comité aux Héros de l'Armée noire, a pris la parole à son tour, mais de son discours la presse de l'époque n'a retenu que le passage par lequel il évoquait lasolidité des liens unissant les populations coloniales à la France : « Il faut que l'on sache que la France avec son armée coloniale et ses forces métropolitaines, peut faire respecter sa victoire ». Le 29 octobre 1922 à Reims Blaise Diagne prend la parole Blaise DIAGNE était marié à une blanche, Marie Odette VILLAIN. Tous les deux avaient revendiqué l'instauration de la conscription dans les colonies, convaincus que c'était le meilleur moyen d'obtenir pour les populations indigènes la reconnaissance claire, pleine et entière de la citoyenneté, l'impôt du sang conduisant à l'égalité civique. C'est dans ce contexte que Blaise DIAGNE avait ét nommé pendant la 1ère guerre mondiale Commissaire général aux troupes noires avec rang de sous-secrétaire d'État aux Colonies, et qu'il était parvenu à convaincre des milliers d’Africains de s’engager volontairement pour venir défendre la métropole, en leur faisant entrevoir la possibilité d’acquérir à l’issue du conflit la citoyenneté française pleine et entière, promesse qui n’a pas été tenue. Le général ARCHINARD rappela que les Troupes noires se sont bien battues sur le front partout où elles ont été engagées, et en particulier dans le secteur de Reims qu'elles sont parvenues à tenir dans les moments les plus difficiles, justifiant ainsi le choix de la ville pour l'érection du monument en métropole. Le maire Charles ROCHE exprima la fierté des Rémois pour le choix de leur ville, et leur reconnaissance :
Charles ROCHE exprima aussi sa reconnaissance à la famille Pommery, pour avoir spontanément fait don à la Ville de l'emplacement où allait être érigé le monument.
Affiche conservée au musée de la Pompelle de Reims Le 13 juillet 1924, en fin de matinée, l'inauguration du monument de Reims fut présidée par Édouard DALADIER, ministre des Colonies, en présence du général ARCHINARD, président du comité d'érection, du préfet de la Marne, BRISAC, du sous-préfet de Reims, MENNECIER, et du maire de Reims, Charles ROCHE. Édouard Daladier, ministre des Colonies, à la tribune Parmi les nombreuses personnalités qui accompagnaient le ministre des colonies, se trouvaient les deux députés noirs Blaise DIAGNE, député du Sénégal et Gratien CANDACE, député de la Guadeloupe. À la tribune le général Archinard prononce le discours d'inauguration Tout en affirmant que « les tirailleurs noirs se sont conduits en bons Français », qu'ils « se sont montrés dignes de combattre sous nos trois couleurs, à côté de nous » et « terribles pour les Allemands » parce que ces derniers « les regardaienrt comme des sauvages », le général ARCHINARD relativisait le rôle joué par les troupes indigènes dans le défense de Reims, en précisant qiue « les troupes exotiques ( sic ) de toute origine engagées devant Reims, entre le 26 mai et la fin de juillet 1918, représentaient au total une douzaine de bataillons, c'est-à-dire à peine le dixième des troupes de toutes armes entrées en ligne sur ce front ». Les discours, tout en rendant hommage aux soldats de l'Armée noire, exaltaient la fibre patriotique, larenaissance de Reims, érigée en « ville martyre » et la vitalité de l'Empire colonial. Le général Archinard président du Comité d'érection :
Charles Roche, maire de Reims :
Après l'inauguration, un vin d'honneur a été servi dans le grand hall d'expédition de la Maison Pommery, puis unbanquet a réuni les invités de la Ville de Reims dans les salons Degermann, à l'issue duquel le préfet de la Marne, le représentant du maire de Reims et le ministre des Colonies prirent la parole : « Fidélité, souvenir et gratitude
« Les coloniaux ont bien mérité de la Patrie »
Célébrer « la résurrection de Reims »
Un grande fête militaire et sportive Au cours de l'après-midi, une grande fête militaire et sportive a rassemblé 10 000 personnes au Parc Pommery.tout proche du monument. La fête sportive et militaire annoncée dans L'Éclaireur de l'Est du 13 juillet 1924
Extraits du programme d'inauguration conservé L'Éclaireur de l'Est du 14 juillet 1924 Photographie publiée dans L'Illustration le 19 juillet 1924
Oeuvre de deux Parisiens, le sculpteur Paul MOREAU-VAUTHIER et l'architecte Auguste BLUYSEN, il était constitué d'un socle en granit rapporté d'Afrique où étaient gravés les noms des principales batailles de la 1ère guerre mondiale au cours desquelles les troupes africaines ont été engagées. La Force noire honorée à la Une du Petit Journal du 1er juin 1919 Le groupe de bronze du monument de Reims
Le monument « Aux héros de l'Armée noire », érigé à Reims « en témoignage de reconnaissance envers les Enfants d'adoption de la France, morts en combattant pour la Liberté et la Civilisation », était la réplique du monument inauguré le 3 janvier 1924 à Bamako. Le monument de Bamako
La maquette conservée au Musée des troupes de marine à Fréjus
Pendant la 2e guerre mondiale, dès le début de l'Occupation, la statuaire de bronze a été démontée par les Allemands, embarquée sur un wagon de chemin de fer pour une destination inconnue. Elle a sans doute été fondue pour en récupérer le métal, tandis que le socle du monument était détruit. Le démantèlement du monument par les troupes d'occupation allemandes Photographie clandestine des membres de la famille Cocset venus déposer des fleurs Le chargement de la statue en gare de Reims.
Les origines du monument En réalité, la Ville de Reims, qui en était propriétaire, était partagée sur le projet de reconstruction. En septembre 1958, à l'occasion du 40e anniversaire de la défense de Reims par les Corps d'armée coloniaux, une stèle provisoire fut inaugurée sur le site de l'ancien monument, au cours d'une cérémonie présidée par legénéral MORLIÈRE, au cours de laquelle il rendit hommage « aux troupes d'Outre-Mer de toutes races et de toutes couleurs » :
La stèle provisoire érigée en 1958
Au début des années 1960, avec la fin de la guerre d'Algérie qui clôturait le long et difficile processus de ladécolonisation, la reconstruction à l'identique du monument ancien fut écartée, parce qu'il évoquait l'engagement des troupes indigènes dans la 1ère guerre mondiale d'une façon qui pouvait être considérée désormais comme trop coloniale, voire trop colonialiste, alors que la Ville de Reims était jumelée avec Brazzaville, qu'elle recevait assez fréquemment des visites de personnalités africaines et que son université accueillait de plus en plus d'étudiants africains. En 1961, la municipalité de Reims et la délégation locale de l'Association française des coloniaux et anciens combattants d'outre-mer ont pris l'initiative de créer un Comité du Monument aux soldats d'outre-mer à Reims, déclaré en sous-préfecture le 30 mars 1961, dont la mission était « de faire édifier à Reims un Monument en remplacement du Monument à l'Armée noire détruit sous l'Occupation ». Le comité a lancé un concours ouvert aux élèves de l'École régionale des Beaux-Arts et des Arts appliqués, et il a finalement retenu le projet de monument présenté par Jean-Marie MAYA-PEREZ, projet élaboré sous la direction de son professeur, l'architecte Claude DUCHER. La maquette du monument actuel Les plans du monument actuel Considérant que la somme allouée au titre des dommages de guerre était insuffisante pour mener à bien ce projet dont le coût était évalué au début des années 1960 à environ 30 0000 ( nouveaux ) francs, le comité d'érection présidé par Roger CRESPIN, conseiller général, adjoint au maire de Reims, Jean TAITTINGER, et président des anciens des Forces françaises libres, avait demandé au ministère des Anciens combattants une subvention de 10 000 ( nouveaux ) francs. Le 10 décembre 1962, était promulgué le décret du Premier ministre, Georges POMPIDOU, approuvant« l'érection du monument commémoratif : REIMS (Marne ) Monument à la Mémoire des Morts de l'Armée noire » sur proposition du ministre de l'Intérieur Roger FREY et avec l'avis favorable de la Commission centrale des monuments commémoratifs. Le 19 décembre 1962, le sous-préfet de Reims, pas encore informé de cette décision, alertait le préfet sur le fait que les travaux n'ayant pu commencer tant que le décret n'était pas promulgué, la Ville de Reims risquait de perdre le bénéfice de cette subvention. Le 21 décembre 1962, le préfet de la Marne faisait parvenir au sous-préfet de Reims deux ampliations dudécret ministériel approuvant l'érection du monument et lui demandait de notifier cette décision au maire de Reims. La construction du monument, confiée à un entrepreneur rémois, Émile NIGRON, a été réalisée avec le concours des services municipaux ( voirie et jardins ) Le 27 juillet 1963, l'édition rémoise du quotidien L'Union datée du 27 juillet 1963, publiait une photographie du monument presqu'achevé et annonçait le lancement d'une souscription publique destinée « à parfaire le financement du nouveau monument aux soldats africains ». Le 27 septembre 1963, quelques jours avant l'inauguration du monument, le sous-préfet de Reims faisait parvenir au préfet de la Marne une brève notice historique rédigée par Monsieur CRESPIN, président du Comité d'érection et adjoint au maire de Reims, et il l'informait que sur les 70 communes de l'arrondissement sollicitées pour participer à son financement, 8 seulement avaient répondu favorablement et apporté au total une contribution de 230 francs. Le 6 octobre 1963, le monument fut inauguré sous le patronage de Pierre MESSMER, ministre des Armées,Jean SAINTENY, ministre des Anciens combattants, Jacques FOCCART, secrétaire général pour la Communauté et les affaires africaines et malgaches, et le général CATROUX, grand chancelier de la Légion d'honneur. Au sein du Comité d'honneur départemental figuraient le préfet, Émile VIÉ, Pierre SCHNEITER, ancien président de l'Assemblée nationale, les parlementaires marnais, le président du conseil général, les conseillers généraux de Reims. La présentation du monument Le monument actuel , désigné sous la nom de Monument aux soldats d'Outre-mer par le Comité d'érection et qualifié de Monument à la mémoire des morts de l'Armée noire sur le décret ministériel approuvant son érection, est constitué de deux obélisques de 7 mètres de haut en pierre d'Eurville, érigés sur un bloc d'une tonne, et entouré d'un dallage de schistes de Rimogne.
Transposition académique Transposition cubiste Transposition africaine Tirailleur sénégalais Masque africain Les transpositions du sculpteur Patrice ALEXANDRE ont été présentées à Reims en 2004 dans l'expositionHosties noires. Exposition " Hosties noires " - Reims 2004
En octobre 2007, la présidence d'une commission chargée de définir des orientations pour la célébration en 2008 du 90e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale a été confiée à.Jean-Jacques BECKER, professeur émérite à l’université Paris X- Nanterre, président du Centre de recherche de l’Historial de la Grande Guerre.
Cette Annexe 2 qui reprend un paragraphe de mon dossier en ligne sans l'identifier, est illustrée malencontreusement par une photographie, non pas du monument de Reims, mais du monument de Bamako, certes identique. Créée le 31 octobre 2007, cette commission a mené un travail collectif de réflexion sur le contenu historique et mémoriel des cérémonies et proposé des dates anniversaires et des lieux symboliques où pourraient être organisées des manifestations.
Mémoires de la Grande Guerre Le 3 novembre 2008, à l'occasion du 90e anniversaire de l'Armistice de 1918, la Ville de Reims a rendu solennellement hommage aux soldats de l'Armée noire au cours d'une cérémonie présidée par Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants, Rama YADE, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et aux Droits de l’homme, et Adeline HAZAN, maire de Reims, en présence du ministre de la Défense et des Anciens combattants du Mali, Natié PLÉA, et de nombreux ambassadeurs ou attachés d'ambassade de pays africains. La sonnerie aux morts devant le monument à l'Armée noire Adeline Hazan, maire de Reims, fleurit le monument Jean-Marie Bockel, Rama Yade et Adeline Hazan devant l'espace " Force noire " La maquette du monument de 1924 exposée au Musée Saint-Remi L'arrivée des personnalités Place de l'Hôtel de Ville Rama Yade, Jean-Marie Bockel et Adeline Hazan entourés des personnalités invitées Adeline HAZAN a annoncé que la Ville de Reims prenait l'initiative de reconstruire à l'identique le Monument aux héros de l'Armée noire érigée en 1924, en expliquant le sens quelle entendait donner à cette « renaissance du monument » :
Rama YADE a dit sa fierté de se trouver à Reims « une ville qui, du baptême de Clovis au dernier sacre d’un roi de France, a été intimement liée à la constitution de la Nation française. Une ville aussi qui a été aux avants-postes des combats sanglants de deux guerres mondiales, et à la défense de laquelle les « Tirailleurs sénégalais » se distinguèrent par leur ardeur et leur courage ». :
Jean-Marie Bockel et Rama Yade Jean-Marie BOCKEL, après avoir salué « le remarquable travail de la Ville de Reims pour mettre en valeur son riche patrimoine historique et mémoriel de la Grande Guerre », a rendu hommage à son tour à « ces hommes venus d'ailleurs... mourir pour la République » et a formulé le vœu que « cette histoire exemplaire de la Force noire entre dans toutes les écoles » :
En France métropolitaine, d'autres monuments, peu nombreux, rendent hommage aux combattants d'Afrique noire. Les monuments du Jardin d'agronomie tropicale de Paris Deux d'entre eux se dressent dans l'enceinte du Jardin d'agronomie tropicale de Paris, à l'extrémité Nord-Est duBois ed Vincennes. Créé en 1899, ce jardin avait accueilli l'Exposition coloniale de 1907. Après le 1ère guerre mondiale, des monuments y ont été érigés en hommage aux soldats indigènes des colonies, morts pour la France en 14-18, en particulier un monument aux soldats noirs et un monument aux soldats de Madagascar. Le monument aux soldats noirs
Le monument aux soldats de Madagascar
Deux autres monuments ont été érigés dans le département du Var, où étaient installés pendant la 1ère guerre mondiale les dépôts de l'armée dite « coloniale indigène » créée par décret en 1915 : Le Mémorial à l'Armée d'Afrique érigé à Saint-Raphaël, a été inauguré le 15 août 1975 par le ministre de l'Intérieur, Michel PONIATOWSKI, à l'occasion 31e anniversaire du débarquement de Provence. Élevé en 1994 dans la ville où était déjà implanté le Musée des troupes de marine, le Mémorial de l'Armée noire dont la statuaire en bronze, œuvre du sculpteur Yvon GUIDEZ, a été fondue en Pologne, se dresse devant la plage de Fréjus.
Le Monument à l'Armée noire de Fréjus
Du 24 octobre au 28 novembre 2008, L'exposition consacrée à " La Force noire " présentée dans le Hall d'entrée du CRDP de Champagne-Ardenne 17, boulevard de la Paix à Reims en novembre 2008, à l'occasion du 90e anniversaire de l'Armistice de 1918, revient à Reims à la Médiathèque Jean Falala du 2 juin au 30 juillet 2009. L'exposition " La Force noire " présentée dans le hall du CRDP Le film documentaire réalisé par Éric Deroo et Antoine Champeaux L'engagement des troupes coloniales pendant la Grande Guerre Bouna N'Diaye, adjudant-interprète au 1er Régiment de tirailleurs sénégalais Blaise Diagne, député noir du Sénégal en 1914, Plus de 180 000 mobilisés, 28 753 tués et disparus, 37 200 blessés
Le 14 janvier 2009, s'est tenue à la Mairie de Reims, la réunion de lancement de l'Association pour la mémoire de l'Armée noire ( AMAN ) « qui a pour but l'approfondissement de l'histoire et le développement de la mémoire des troupes coloniales d'origine sub-sahélienne » et « notamment la réalisation de la réplique de la statue dédiée aus " Héros de l'Armée noire " inaugurée à Reims en 1924, détruite en 1940, lors de la deuxième guerre mondiale ». Un conseil d'administration et un bureau ont été élus :
Ont été abordés les problèmes financiers et techniques : envoi d'une mission à Bamako ; reconstruction du monument de 1924 à l'identique ou bien réalisation d'un monument moderne ; présentation d'un projet virtueldans les pays d'Afrique noire francophone ; souscription publique et appel au mécénat privé ; calendrier des travaux intégrant la pose de la première pierre le 11 novembre 2009 et l'inauguration le 11 novembre 2010. À la fin des années 1990, j'avais initié dans le cadre du stage Enseigner la mémoire ? inscrit au Plan de formation des professeurs d'histoire de l'Académie de Reims, une réflexion sur les rapports entre histoire et mémoires, qui a débouché sur le site « Histoire et mémoires des deux guerres en Champagne-Ardenne » que j'anime sur le serveur du Centre régional de documentation pédagogique de Champagne-Ardenne. Invité à cette réunion de lancement, j'ai exprimé le souhait que les objectifs et le sens que l'on entend donner à ce projet, quelle que soit la décision finale – reconstruction à l'identique ou monument moderne – soient clairement définis, en intégrant l'histoire du monument de 1924 et de celui de 1963, sans esquiver les débats qui ont accompagné à l'époque l'édification de ces deux monuments, et sans oublier la dimension pédagogique du projet. J'ai évoqué l'utilité de rechercher des partenariats et donné l'exemple de celui que le CRDP de l'académie de Créteil a noué avec la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, l'INA, le Musée de l'Histoire vivante et l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances. Ce partenariat a débouché sur la production d'un coffret de deux DVD Histoire et mémoires des immigrations, publié dans la collection « Mémoires et Histoire » du Scérén, collection nationale pilotée par le CRDP de Champagne-Ardenne qui m'en a confié la direction. L'historien Gilles MANCERON y explique l'engagement des troupes indigènes durant la 1ère guerre mondiale au cours d'une séquence où est présentée l'image du Monument à l'Armée noire de Reims. J'ai aussi appelé à la vigilance et à la rigueur scientifique, afin d'éviter de prêter le flanc à toute récupération communautariste ou politicienne, et à tout dérive mémorielle mettant en concurrence les différentes mémoires identitaires liées à l'engagement dans la défense de Reims en 1918, de troupes indigènes qui n'appartenaient pas toutes aux seules colonies françaises d'Afrique noire. Enfin, je me suis engagé à relayer sur ce site les informations concernant l'activité de l'AMAN, en attendant que cette association se dote d'un site Internet autonome. Fichiers au format PDF Le compte-rendu de l'Assemblée générale du 14 janvier 2009 Le communiqué de presse annonçant la création d'AMAN Archives départementales de la Marne, M 14266, Cabinet du préfet, " Le Monument à la mémoire des morts del'Armée noire à Reims ". Source:http://www.crdp-reims.fr/memoire/LIEUX/1GM_CA/monuments/01armeenoire.htm |
Posted by
EMILIANO do REGO
at
11/23/2009 06:08:00 AM
0
comments
Labels: Jean-Pierre HUSSON, Le monument à l'Armée noire de Reims